« Les actions des pays développés conservent du potentiel »

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Insensibles aux tensions géopolitiques, les marchés ont poursuivi leur progression comme anticipé dans notre dernière allocation d’actifs. Les observateurs, en plus de voir les tensions géopolitiques s’amenuir, commencent à s’habituer à la nouvelle forme de diplomatie de Donal Trump : ce n’est pas la guerre coûte que coûte qui est recherchée, mais la mise en place de nouveaux accords commerciaux plus favorables aux Etats-Unis.

Le thème de la résurgence des pressions inflationnistes est, en revanche, moins tranché : si l’Europe reste totalement exempte de moindres signaux de relance de l’inflation, des inquiétudes sont réapparues aux Etats-Unis au cours des trois dernières semaines… entrainant un retour des taux longs vers leur précédent sommet.

Enfin, les résultats d’entreprises au premier trimestre 2018 ont été largement supérieurs au consensus. Aux Etats-Unis, sur les 460 entreprises du S&P 500 ayant publié leurs résultats, la croissance des revenus entre le T1 2017 et le T1 2018 est de +25,6% contre 10,3% estimée. Cette forte proportion de bonnes surprises a permis aux marchés actions dans leur ensemble de bien se comporter au cours des dernières semaines, tandis que les rares déceptions ont, elles, été suivies de fortes sanctions, signes d’un marché cher et exigeant. Cela devrait poser les jalons pour le reste de l’année : dès que les premiers signes d’essoufflement macroéconomique surviendront et se traduiront par des résultats d’entreprises inférieurs au consensus, l’environnement de marché deviendra négatif. Ce n’est toutefois pas notre scénario à court terme, notamment en raison de la réforme fiscale américaine qui continuera à avoir quelques effets bénéfiques dans les mois à venir.

Nos prévisions :

Si les tensions commerciales sino-américaines pourraient évoluer au gré des discussions, nous ne croyons pas à une potentielle escalade de mesures protectionnistes d’envergure dans les mois à venir. Au contraire, les récentes déclarations et actions du président américain dans le cadre des sanctions émises contre le géant chinois des télécom ZTE laissent sous-entendre l’inverse : après avoir discuté avec le président Chinois, Donald Trump a annoncé sur twitter que « la Chine et les Etats-Unis travaillent bien ensemble » et a demandé au département américain du Commerce d’aider la firme chinoise…

Dans cette veine, la prime de risque géopolitique sur le pétrole devrait se maintenir à court terme en raison de la décision des Etats-Unis de se retirer de l’accord sur le nucléaire iranien, mais devrait progressivement se résorber une fois le climax des tensions passé.

Concernant les tensions inflationnistes aux Etats-Unis, nous estimons que celles-ci sont surestimées. Les derniers chiffres sortis vont d’ailleurs dans ce sens : les créations d’emploi ont déçu, tout comme la progression des salaires horaires (en progression de 0,1% m/m et de 2,6% a/a, contre +0,2% et +2,7% attendus initialement). De même, le faible rythme de consommation des ménages américains au cours des derniers mois nous conforte encore un peu plus dans la faible nécessité d’instaurer une politique monétaire beaucoup plus rigoriste de la part de la Fed.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : positifs sur les actifs risqués en général en Zone euro et au Japon

Comme prévu, la saison de publications de résultats a soutenu les marchés actions. L’Europe et le Japon sont les deux zones qui en ont le plus profité, en même temps qu’elles étaient portées par le reflux de leurs monnaies face au dollar américain.

Nous continuons à surpondérer les actions en général, avec une préférence renouvelée pour les marchés européens et japonais plus qu’américains. En effet, l’environnement de marché dans ces deux zones nous semble plus favorable aux actions (Bull market), grâce à la conjonction de résultats macro et microéconomiques bien orientés et du soutien des Banques Centrales.

Aux Etats-Unis, l’environnement de marché est celui d’un Wave market, c’est-à-dire d’un marché oscillant autour de ses niveaux actuels résultant de l’équilibre de forces positives (macroéconomie et microéconomie porteuses) et de forces négatives (valorisation d’actifs élevée et taux d’intérêt élevés). Notre surpondération du mois dernier, basée sur nos indicateurs historiques d’évolution des cours, a payé et nous considérons qu’il est temps de passer neutres sur la zone : les marchés actions ont, selon nos indicateurs, atteint leurs potentiels de hausses dans cet environnement.

Du côté des émergents, nous restons plus prudents en raison de l’instabilité des taux de change et du manque de visibilité à court terme.

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Les taux souverains se stabilisent autour de leurs niveaux actuels et nous n’anticipons pas d’évolution majeure de leur part. La légère variation débutée fin avril n’a été qu’une réplique du mouvement des taux américains basée sur l’idée que les prix du pétrole pourraient faire monter l’inflation en Zone euro, à tort selon nous.

Les Etats-Unis n’ont pas encore connu une baisse significative de leurs taux d’intérêt de long terme dont le 10 ans plafonne au seuil des 3,0%. Nous restons donc surpondérés au regard des éléments évoqués dans nos prévisions : nous ne croyons pas à un retour durable de l’inflation dans la zone.

Les obligations d’entreprises étant très liées aux obligations souveraines, nous nous positionnons sur les obligations Investment Grade (celles des entreprises biens notées) comme pour les obligations souveraines. En revanche le risque associé au High Yield (les entreprises moins bien notées) nous semble insuffisamment rémunéré pour le rendement associé. Nous restons neutres sur cette classe d’actifs

MATIERES PREMIERES : neutres sur les commodities et les métaux précieux

La sortie des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole début mai : le baril de Brent s’échange autour des 77$, tandis que le baril WTI s’échange autour des 70$. Si nous ne sommes pas encore réellement inquiets, nous restons toutefois neutres par manque de visibilité quant à la suite des évènements. Nous conservons cependant à moyen terme notre fourchette de prix basés sur les fondamentaux (entre 40$ et 60$ pour le WTI et entre 45$ et 65$ pour le Brent).

Pour l’ensemble des autres matières premières, hors pétrole et hors métaux précieux, nous considérons que la remontée des prix est essentiellement imputable à la hausse du billet vert, et estimons peu probable la poursuite de cette tendance (hors prime de risque géopolitique sur le pétrole à court terme) au regard du manque de perspectives notamment sur les émergents et d’une progression moins nette qu’en fin d’année dernière en Europe.

Enfin, nous sommes légèrement surpondérés sur l’or, anticipant un reflux des taux américains.

AVERTISSEMENT

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