Vers un rallye de Noël ?

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Après une année favorable pour la plupart des classes d’actifs, il semblerait que les investisseurs n’aient pas envie de prendre le risque de dégrader les bonnes performances accumulées jusque-là. Conséquence, les marchés avancent au ralentit depuis plusieurs semaines, notamment pour les actions ou les obligations européennes et japonaises (cf. graphique ci-dessous).

Seule la perspective d’une réforme fiscale de grande envergure permet aux actions américaines de poursuivre leur interminable ascension de +29% depuis plus d’un an sans connaitre la moindre respiration d’au moins 5%. Cela fait de ce segment continu de hausse le 6ème plus long en un siècle ! Même si nous ne sommes pas inquiets outre-mesure à moyen terme pour les actifs américains, il n’en reste pas moins que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et qu’il conviendra de rester prudents vis-à-vis des actifs risqués d’outre-Atlantique.

De l’autre côté du monde, les émergents soufflent le chaud et le froid, dans le sillage d’une Chine qui rassure à court terme avec des chiffres de meilleure facture qu’attendue autant qu’elle inquiète au regard des incertitudes qui pèsent sur son modèle de développement à moyen terme. Convaincu de l’adage « quand la Chine tousse, les autres émergents s’enrhument », les actifs de ces zones auront du mal à surperformer leurs homologues des pays développés dans les mois à venir, tant que l’Empire du Milieu n’aura pas donné une vision plus claire de sa trajectoire pour les trimestres à venir.

Nos prévisions :

Si un « rallye de Noël » est encore possible pour permettre aux indices européens de retrouver leurs plus hauts atteints début novembre, les regards se tournent désormais sur les perspectives pour le premier semestre 2018. Et sur ce plan, l’optimisme l’emporte, notamment en Europe. En effet, la dynamique macroéconomique devrait rester positive au moins pour la première partie de l’année et les conditions financières toujours accommodantes avec des taux au plancher. Enfin, et surtout, la politique monétaire menée par la Banque Centrale restera toujours autant « market friendly » jusqu’en fin d’année. Cette conjonction de facteurs devrait permettre aux indices actions de la zone de retrouver leurs précédents plus hauts des années 2000 et 2007. La bonne nouvelle, c’est que nous n’anticipons pas pour autant de risques sur le segment obligataire, en raison de l’absence de véritables tensions inflationnistes dans les mois à venir sur le Vieux continent.

Aux Etats-Unis, la réforme de l’imposition tant souhaitée par Donald Trump devrait selon les premières estimations « rendre » autour de 9% de profits aux entreprises résidant outre-Atlantique. Attention donc à ce que les marchés ne vendent pas la nouvelle après avoir acheté la rumeur.

Du côté des taux de change, les choses se déroulent comme prévu : après avoir atteint 1.15 dollars début novembre, l’euro a repris sa marche en avant pour atteindre récemment les 1.19 dollars. Estimant que la monnaie unique devrait osciller durablement dans une fourchette comprise entre 1,15 et 1,20 dollars pour un euro d’ici la fin d’année, il convient désormais de surpondérer le dollar à court terme.

 

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : maintien de la neutralité sur les marchés actions, avec des paris géographiques tranchés

Nous conservons à nouveau notre recommandation « neutre » sur les actions au niveau mondial, qui masque tout de même deux paris opposés : la surpondération des actions européennes et la sous-pondération des actions américaines.

Nous restons positifs à horizon 6 mois sur les marchés européens et nous maintenons notre surpondération sur les actions européennes, conformément au comportement des marchés dans un environnement favorable aux actifs risqués (Bull Market).

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, nous sommes également positifs à moyen terme au Japon : comme en Europe, on retrouve au pays du soleil levant une politique monétaire très accommodante alors que la macroéconomie et la microéconomie sont bien orientées. Toutefois, la baisse récente du Nikkei de -3,7% en yens en novembre n’est pas suffisante au regard des normes historiques pour qu’il soit judicieux de se renforcer sur le marché japonais. Nous maintenons donc notre position neutre avant de redevenir plus agressif sur ce marché.

Aux Etats-Unis, même si nous ne croyons pas à un décrochage conséquent à moyen terme, nous continuons de recommander la prudence, estimant que les niveaux de valorisation sont élevés dans un contexte où les actifs financiers du pays ne bénéficient plus du soutien explicite de leur Banque Centrale. En prime, l’ensemble des bonnes nouvelles en provenance de la macro ou la microéconomie sont déjà bien intégrées dans les cours boursiers. Cette conjonction de facteurs nous pousse à anticiper une baisse d’au moins 5% pour le S&P 500 dans les semaines à venir.

Concernant les marchés actions des pays émergents, nous restons neutres et recommandons d’être très discriminants au regard des disparités de perspectives des pays concernés (cf. Perspectives Trimestrielles).

 

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines des pays développés

En dépit de taux de croissance convenables dans les pays riches, nous estimons que les entreprises et les ménages auront du mal à supporter des taux durablement plus élevés qu’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nous anticipons une nouvelle baisse des taux d’intérêt souverains aux Etats-Unis (2,37% pour le 10 ans US aujourd’hui) et un maintien des taux européens et japonais autour des très faibles niveaux du moment (0,62% pour le 10 ans français).

En ce qui concernent les obligations d’entreprise, qu’elles soient bien notées (Investment Grade) ou non (High Yield), nous conservons nos recommandations du mois dernier en Europe et au Japon, à savoir neutres pour les obligations Corporate. De même, nous conservons notre pari négatif pour leurs homologues émergentes.

Nous passons par contre surpondérés sur l’Investment Grade américain, considérant que cette classe d’actifs devrait suivre les taux souverains américains.

 

MATIERES PREMIERES : neutres sur l’ensemble des commodities

En Chine les signaux contradictoires nous font rester prudents. D’un côté les surprises macroéconomiques sont positives, mais se confrontent à un manque de perspectives pour le pays. Par conséquent, nous nous attendons à ce que les matières premières plafonnent, voire baissent légèrement.

Enfin, nous passons légèrement surpondérés sur les métaux précieux, qui constituent toujours un bon « fond » de portefeuille dans un contexte qui reste incertain, notamment d’un point de vue géopolitique. L’or devrait d’ailleurs profiter d’un contexte dans lequel les taux réels atteignent des niveaux extrêmement faibles de par le monde.

 

 

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

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