Etes-vous prêts à subir la disparition de la monnaie européenne telle que vous la connaissez ?

Sept ans après la tragédie grecque, la tension monte à nouveau dans la Zone euro avec la formation d’un gouvernement hybride en Italie. Les doutes persistent quant à la capacité de la monnaie unique à survivre dans les années à venir. L’hypothèse d’une potentielle disparition de l’euro sous sa forme actuelle doit donc être prise au sérieux.

Chapitre I : Des malfaçons dans la construction

 

Les européens vivent aujourd’hui un paradoxe : le vieux continent affiche des fondamentaux parmi les plus solides au monde lorsque nous les comparons aux Etats-Unis ou au Japon. En effet, la Zone euro bénéficie d’un déficit public faible à 0,9% du PIB, d’une dette publique relativement basse à 86,7% du PIB et d’excédents commerciaux importants (3,5% du PIB en 2017 comme détaillé dans le graphique ci-dessous). Néanmoins, elle reste une zone profondément instable et incertaine. Cela n’est pourtant pas si surprenant quand on s’y penche de plus près !

La construction de la Zone euro ne rassemble pas toutes les conditions nécessaires à sa réussite, notamment en raison de l’absence de budget européen. En effet, sans mécanisme sérieux permettant d’absorber l’accroissement des inégalités régionales résultant de la monnaie unique (cf. graphique ci-dessous), il n’est guère étonnant d’observer la montée inexorable du mécontentement des populations, qui se traduit par des votes de plus en plus eurosceptiques.

Comment se fait-il que cette construction bancale ait survécu au cours des dernières années ? Essentiellement grâce à l’activisme de la Banque Centrale Européenne, qui s’est lancée dans une politique d’impression monétaire à grande échelle (appelé Quantitative Easing, QE) depuis mars 2015 ayant permis de masquer les déséquilibres persistants. Grâce aux 2500 milliards d’euros d’argent frais injectés par l’institution de Francfort, la zone euro a ainsi acheté du temps. Mais avec la fin prochaine de cette politique monétaire agressive (le QE) devant s’éteindre d’ici la fin de l’année), les fragilités intrinsèques de la zone risquent bien de se révéler à nouveau.