Retour à la case départ !  

 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Si des facteurs objectifs d’amélioration sont survenus depuis le début de l’année (comme l’annonce de la part de toutes les Banques Centrales du monde qu’elles ne rendraient pas leur politique monétaire restrictive dans un horizon de projection raisonnable ou comme la perspective d’un accord commercial probable entre la Chine et les Etats-Unis), ils ont surtout éloigné le spectre d’un marché durablement baissier. Pour autant, la dynamique actuelle de l’économie mondiale rend peu probable la réalisation du « scénario rose » auxquels les marchés semblent souscrire depuis quelques semaines, entrainant les actions vers leurs sommets de l’année dernière.

Pour le moment, nous continuons d’estimer que les bonnes nouvelles accumulées au cours des derniers mois ne font qu’équilibrer les forces négatives qui persistent un peu partout sur la planète, créant les conditions d’un marché qui devrait osciller autour des niveaux actuels. En effet, toutes les zones du monde affichent des signes de fragilité qui n’avaient plus été rencontrés depuis quelques années :

  • En Europe, si la locomotive allemande n’a pas encore déraillé, la chute de sa croissance n’en reste pas moins impressionnante : après +2,5% en 2017 puis +1,4% en 2018 de croissance du PIB, le gouvernement n’attend plus que +0,5% de croissance pour 2019 ! Au regard du poids de l’économie allemande en Europe, il est difficile d’imaginer que ce freinage brutal ne produise pas des dommages collatéraux dans les économies voisines du Vieux continent, et, par effet de contagion, ne pèse pas sur la profitabilité des entreprises européennes dans leur ensemble.
  • Aux Etats-Unis, nombre d’observateurs scrutent le moindre signal qui pourrait orienter la première économie mondiale vers une récession. Ce n’est pas notre scénario central et estimons que les indicateurs avancés nous indiquent plus un ralentissement qu’un véritable coup d’arrêt pour l’économie américaine d’ici la fin d’année 2019. Pour autant, celui-ci devrait là-aussi peser sur les taux de marge des entreprises américaines, qui devraient reculer pour la première fois depuis quasiment 10 ans cette année.
  • Enfin, si l’économie chinoise donne des gages de stabilisation grâce notamment à un ensemble de mesures très proactives de la part du gouvernement (autant fiscales que monétaires), la locomotive des pays émergents devrait continuer son atterrissage en douceur, au moins durant la première partie de cette année.

Finalement, nous interprétons le comportement du marché depuis le début de l’année de manière assez simple : la hausse qui s’est matérialisée depuis plus de 3 mois sans aucune respiration est une réponse aux baisses qui ont précédé : -19% pour les actions européennes ou américaines. Les excès de stress étant désormais éliminés, nous devrions entrer à nouveau dans une dynamique d’hésitation pour les actifs risqués.

Nos prévisions :

Considérant que de nombreuses bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans les cours boursiers, la question qui se pose est celle de la nature du catalyseur qui permettra aux marchés des actifs risqués de reprendre leur souffle à court terme.

Plusieurs options sont aujourd’hui envisageables:

  • Une saison de publications de résultats moins favorable qu’attendue,
  • Un accord commercial officialisé entre les Etats-Unis et la Chine perçu par les investisseurs comme moins favorable qu’attendu servant de prétexte à la prise de bénéfices,
  • Une attaque en règle de Donald Trump à l’encontre de l’Europe d’un point de vue commercial, considérant la faiblesse actuelle de l’Allemagne comme une bonne opportunité d’instaurer un rapport de force favorable au pays de l’oncle Sam
  • Une hausse des taux d’intérêt à 10 ans des Etats matures entrainant une baisse automatique de la prime de risque.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : sous-pondérés

Rien de nouveau sur ce plan : si nous restons relativement sereins à horizon de moyen terme, nous estimons toutefois que toutes les bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans les cours boursiers. Dans ces conditions, nous recommandons la prudence à court terme, afin de revenir sur ce type d’actifs après une correction salvatrice d’au moins 5% par rapport aux points hauts, quels que soient les marchés d’actions.

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Chaque jour qui passe renforce un peu plus notre conviction quant à l’absence d’alternatives pour les Banques Centrales de part le monde. Banque Centrale Européenne, Réserve Fédérale américaine, Banque du Japon, aucune des grandes Banques Centrales ne semble prête à provoquer un arrêt cardiaque en rendant les conditions de financement moins favorables pour les Etats mais surtout pour les agents privés que sont les ménages et les entreprises. Dans ces conditions, la hausse des taux directeurs s’est partout arrêtée, certains parlant même d’une baisse des taux d’ici la fin de l’année aux Etats-Unis… Avec un environnement macroéconomique moins favorable que par le passé (que ce soit en termes de croissance ou d’inflation), les conditions semblent réunies pour que les taux longs restent au plancher durant une période de temps prolongée. En conséquence, les obligations ne pourront pas beaucoup refluer dans les mois à venir, ce qui nous pousse à recommander la neutralité vis-à-vis des obligations souveraines, qu’il faut jouer dans une optique de préservation du capital.

De même, les obligations Corporates Investment Grade (correspondant aux entreprises bien notées) devraient être relativement protégées dans cet environnement, ce qui sera moins le cas du High Yield, qu’il faudra jouer avec parcimonie dans un contexte de ralentissement économique.

Enfin, les taux des pays émergents ayant d’ores et déjà beaucoup reflué, le faible potentiel de hausse restant nous pousse à être également prudents à court terme vis-à-vis de cette classe d’actifs.

MATIERES PREMIERES : Retour de la prime de risque politique sur le pétrole. Surpondérés à neutres sur les métaux précieux

Sur le plan du pétrole, après avoir anticipé la fin du monde en fin d’année dernière, les fondamentaux ont repris le dessus et permis aux prix de se rapprocher de leurs niveaux d’il y a un an, correspondant à une demande plutôt contenue mais à une offre là aussi relativement bien maitrisée par les pays de l’OPEP. Si nous estimions que les prix du baril auraient dû désormais osciller autour des niveaux actuels, le nouveau « coup » médiatique de Donald Trump, ayant annoncé vouloir réduire à néant la production de pétrole de l’Iran, devrait entrainer la poursuite de la hausse des prix de l’or noir, même si celle-ci reste en grande partie artificielle.

A l’inverse, les métaux précieux ont légèrement souffert au cours du mois, pénalisés notamment par un appétit pour le risque retrouvé un peu partout sur la planète. Nous estimons toutefois que le léger reflux actuel rend les niveaux actuels propices à un léger renforcement de cette position.

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.