Allocation d’actifs : les taux américains détermineront le potentiel des actions

Après être passées au second plan pendant deux mois, les craintes d’un retour de l’inflation réapparaissent depuis quelques jours, et ont poussé le 10 ans américain proches du niveau symbolique des 3,00% depuis deux semaines. Pourtant, l’origine de la hausse n’est plus la même qu’en début d’année : ce ne sont plus les chiffres de l’emploi américain qui sont pointés du doigt, mais les risques de tensions commerciales qui pousseraient les prix du pétrole et des métaux vers le haut… Tout comme en février, nous n’adhérons pas à ce scénario, pour trois raisons principales.

Tout d’abord, nous considérons le positionnement protectionniste de Donald Trump comme une posture politique à l’approche des élections de mi-mandat. Les aléas commerciaux récents entre les Etats-Unis et la Chine résultent surtout d’une stratégie de négociations habilement orchestrée, notamment de la part des américains, à laquelle les chinois s’efforcent de répondre sans toutefois mettre de l’huile sur le feu.

Deuxièmement, l’inflation aux Etats-Unis ne présente pas de réels signes d’accélération, comme indiqué dans notre partie macroéconomie (cf. page 4).

Enfin, si les prix du pétrole atteignent aujourd’hui un niveau proche de 70$ le baril pour le WTI, ce n’est plus grâce à l’amélioration de la conjoncture économique mondiale, mais surtout en raison des récents évènements au Proche Orient, qui génèrent automatiquement une prime de risque géopolitique à l’image des années 2011-2013.

Dans ces conditions, la hausse récente des taux à 10 ans américains nous parait assez peu légitime et, si elle se poursuivait, susceptible de précipiter la première économie mondiale en fin de cycle dans un contexte où les ménages américains sont très dépendants du crédit. De manière paradoxale, les taux d’intérêt américains nous paraissent donc le déterminant du potentiel des marchés actions dans les semaines à venir.

Cette publication est exclusivement réservée à la clientèle de RHETORES FINANCE. Elle ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.