La situation s’éclaircit à court terme, même si des signaux

contradictoires restent présents

 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Même si la visibilité reste ténue à moyen ou long terme, les deux principales tensions géopolitiques se sont évaporées à plus court terme. En premier lieu, la franche désescalade sur le front des tensions commerciales continue et il semblerait que le fameux deal entre les deux premières puissances mondiales pourrait– enfin – être signé. Ensuite, la récente victoire de Boris Johnson aux élections législatives britanniques redonne une certaine visibilité sur le Brexit pour les investisseurs. L’ensemble de ces nouvelles participe au reflux des craintes de rupture sur les marchés financiers, et permettent de redonner un certain allant aux actifs risqués et plus spécifiquement aux actions en cette fin d’année.

A ces éléments s’ajoute la politique monétaire américaine qui, rappelons-le, a changé de cap avec la nouvelle augmentation de la taille du bilan de la FED via un nouveau plan de rachat d’actifs à la mi-octobre. C’est d’ailleurs cette nouvelle qui nous a fait modifier notre allocation d’actifs en novembre dernier pour opter pour une allocation plus agressive à court terme.

Nos prévisions :

L’activisme des Banques Centrales permet d’éliminer le scénario d’un asséchement global de liquidités pour l’ensemble des actifs financiers à un horizon prévisible, nous amenant à considérer l’environnement des marchés actuels comme légèrement positif. Nous avions d’ailleurs recommandé de réinjecter du risque à court terme dans les portefeuilles après l’annonce de la FED mi-octobre dernier, notamment en s’exposant un peu plus aux actions américaines.

En revanche, nous estimons que ce soutien monétaire devrait avoir un impact moins puissant sur le prix des actifs risqués que lors de l’épisode des années 2015-2016, en raison de tendances macro et microéconomiques sous-jacentes particulièrement défavorables au niveau mondial. D’abord, si le momentum macroéconomique reste correctement orienté aux Etats-Unis, il devient notablement moins favorable que par le passé dans un contexte où le reste du monde se stabilise à des niveaux médiocres. Mais le point le plus important est selon-nous que les perspectives microéconomiques sont, et surtout resteront, dégradées à moyen terme, générant un fort potentiel de déception, surtout dans un contexte de niveaux de valorisation des entreprises élevés.

Sur les marchés actions, nous continuons de préférer structurellement les pays riches aux pays émergents, même si ces derniers pourraient bénéficier d’un rebond lié à l’apaisement des tensions sino-américaines et à l’éventuelle signature d’un deal entre les deux camps. Pour les pays riches, notre point de vu n’a pas changé depuis le mois dernier au vu de la relative stagnation des indices européens (cf. tableau en page 5) et nous recommandons toujours la prudence à court terme après le rebond généralisé des marchés actions depuis le 15 août dernier (+12,6% pour l’Euro Stoxx et +11,6% pour le S&P 500).

Côté obligataire, nous restons neutres à surpondérés à court terme après la stagnation des taux depuis leur remontée en novembre (seuls les taux italiens ont légèrement continué de s’apprécier)

Enfin, nous restons positifs sur les métaux précieux, la faiblesse persistante des taux souverains pave la voie à l’appréciation durable de ces derniers à moyen et long terme.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : neutres à sous-pondérés

L’euphorie actuelle qui fait suite à la désescalade des tensions sur le front de la guerre commerciale a fait largement rebondir les marchés actions. Les marchés actions de la zone euro sont restés sur les mêmes niveaux que lors de notre précédente publication (+12,6% pour l’indice large de la zone, l’Euro Stoxx), quand les marchés américains ont continué de battre des niveaux records (le S&P500 fleurte dorénavant avec les 3200 points, après une hausse de +11,6% depuis la mi-août). Notre légère réexposition aux marchés actions américains le mois dernier s’est donc avérée payante. Nous recommandons ainsi de profiter de la poursuite de la hausse pour désensibiliser progressivement son portefeuille au risque actions, dans l’optique de revenir sur des niveaux plus attractifs par la suite. En effet, si le soutien massif des banques centrales justifie en partie l’euphorie actuelle, la faiblesse actuelle de la microéconomie – fondement même de la valorisation des sociétés – nous fait penser que les marchés actions ne devraient pas s’orienter durablement à la hausse à moyen terme surtout dans un contexte de niveaux de valorisation historiquement élevés.

Dans ce contexte, nous recommandons d’être neutres à sous-pondérés afin de pouvoir revenir sur des niveaux plus attractifs dans les semaines à venir. Nous diminuons légèrement notre exposition aux actions européennes afin de se prémunir contre un éventuel léger reflux de ces dernières.

Concernant les actions émergentes, nous estimons depuis de nombreux mois maintenant que le manque de perspectives quant à la résilience des modèles économiques de ces pays – qui plus est dans un contexte de tensions persistantes entre les Etats-Unis et la Chine – est tel qu’il faut recommander une sous-pondération durable de cette classe d’actifs tant que nous ne disposerons pas de signaux tangibles d’amélioration. Néanmoins, l’accalmie actuelle sur le front du commerce international pourrait être porteuse à très court terme pour cette classe d’actifs.

OBLIGATIONS : neutres à surpondérés

Le rebond des taux souverains européens, entamé début septembre, s’est poursuivi faiblement en novembre. Nous ne nous attendons cependant pas à une remontée des taux sur les niveaux de 2017 ou 2018, qui traduirait un renforcement économique trop important au regard à la fois de la tendance actuelle mais aussi du potentiel de plus long terme des économies du Vieux continent et des besoins de financement limités des gouvernements européens.

Concernant l’obligataire corporate, les taux européens ont connu la même tendance. Nous considérons toujours que l’obligataire corporate des entreprises bien notées (dites Investment Grade) devrait se comporter comme l’obligataire d’Etat à court et moyen terme. Il faudra quand même surveiller cette catégorie d’entreprises (notamment celles notées BBB), au regard des mauvais résultats publiés au T3. L’obligataire des entreprises mal notées (dites High Yield) est quant à lui resté relativement stable sur un mois. Néanmoins, les taux de ces dernières étant plus sensibles à la conjoncture macro que l’Investment Grade, nous conservons une sous-pondération structurelle vis-à-vis de ces derniers.

Nous recommandons ainsi d’être neutre voir légèrement surpondérés à court terme vis-à-vis des obligations souveraines et corporate Investment Grade des pays riches. Concernant les émergents, nous conservons le même point de vue que sur les actions et restons sous-pondérés tant que nous ne disposerons pas de signaux tangibles d’amélioration de la conjoncture (notamment pour un pays comme le Brésil qui a vu ses taux énormément baisser depuis septembre 2018, et pour lequel les niveaux de croissance et d’inflation ne justifient pas selon-nous des de taux si faibles).

Enfin, nous préférons la prudence vis-à-vis des obligations corporate High Yield dans leur globalité (américaines et européennes), tant le risque intrinsèque de cette classe d’actifs est comparable à celui des marchés actions (on notera par ailleurs que les titres High Yield américains les moins bien notés ont vu leur spread de taux s’envoler ces dernières semaines, corroborant ainsi notre point de vue sur la sensibilité de cette classe d’actifs à la conjoncture économique).

MATIERES PREMIERES : sous-pondérés sur les commodities, surpondérés sur les métaux précieux et le cash

Dans un contexte de ralentissement généralisé, peu de facteurs permettent d’envisager une véritable sortie par le haut pour le pétrole quand les anticipations de la demande restent faibles. Seules de nouvelles restrictions au niveau de l’offre pourraient inverser cette tendance. C’est ce qui s’est produit récemment avec le rebond de +7% du pétrole depuis début décembre suite à la décision de l’OPEP de restreindre de nouveau ses quotas, soit un timing parfaitement synchronisé avec l’introduction en bourse d’Aramco qui devrait ainsi battre des records. Nous estimons toutefois que le potentiel de hausse est limité et restons neutres à négatifs sur le pétrole à court et moyen terme. Concernant les matières premières industrielles, le ralentissement économique se poursuit, et nous maintenons donc notre position entre sous-pondérés et neutres.

Concernant les métaux précieux, le repli des derniers jours s’explique avant tout par la vigueur de la hausse des mois passés. Le contexte semble toutefois foncièrement porteur pour les métaux précieux à moyen et long terme dans un environnement de taux réels structurellement bas.

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDÉE:

PERFORMANCE DES DIFFERENTES CLASSES D’ACIFS DEPUIS 1 MOIS :

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

ALLOCATION DÉCEMBRE