Après un magnifique début d’année, place à la prudence 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Les marchés actions de part et d’autre de l’Atlantique ont, comme anticipé, poursuivi leur rebond entamé fin décembre durant le mois de janvier, et même durant la première moitié de février. Notre agressivité momentanée sur les actions aura ainsi payé, le S&P 500 ayant repris +18,2% depuis son point bas de décembre et l’Euro Stoxx +11,2%.

Quatre facteurs sont à l’origine de ces performances : tout d’abord, la force de la correction précédente (-15,7% aux Etats-Unis et -19,2% en Europe) était anormalement élevée, appelant à un rebond légitime. Ensuite, les banquiers centraux ont adopté des comportements plus pragmatiques, dont Mario Draghi qui a affirmé être prêt à utiliser tous les moyens disponibles pour soutenir les marchés européens. Autre point, les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine se sont poursuivies sans mauvaise nouvelle, à défaut toutefois de produire quelconque accord concret. Enfin, la saison des publications de résultats aux Etats-Unis aura permis de rassurer les investisseurs. En effet, sur les 80% d’entreprises du S&P 500 ayant publié leurs résultats du dernier trimestre 2018, celles affichant des résultats supérieurs aux attentes ont vu leurs cours de bourse grimper de +2,1% dans la foulée (contre seulement +1% en moyenne depuis 5 ans), et celles affichant des résultats inférieurs aux attentes n’ont chuté que de -0,4% (contre -2,6% en moyenne depuis 5 ans ; cf. graphique).

Nos prévisions :

Les marchés ayant largement rebondi, au point de revenir sur leurs niveaux d’avant chute, il est désormais temps de se montrer prudent face à des perspectives incertaines. Tout d’abord, les injections de liquidités sont moindres dans un contexte de besoin de financement public de plus en plus important. Ensuite, nous notons un ralentissement généralisé tant par le déclin progressif des pays riches que par les difficultés rencontrées par la Chine, véritable locomotive des pays émergents. Enfin, les incertitudes politiques aux quatre coins de la planète, réduisant d’autant l’horizon de projection, n’ont pas disparu en 2019.

Comme évoqué le mois dernier, nous estimons toujours nous situer dans une phase de liquidation généralisée, période qui précède une phase de discrimination au sein des classes d’actifs qui devrait débuter durant cette année, concomitamment avec des conditions devenues plus difficiles pour les entreprises.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : sous-pondérés

Même si le spectre d’un fort marché baissier s’est éloigné par rapport à la fin d’année dernière, il ne faudrait pas qu’un excès d’optimisme nous fasse perdre de vue la réalité des fondamentaux, qui nous indiquent clairement un ralentissement économique au niveau mondial, qui finira par peser sur les résultats des entreprises internationales.

Dans ces conditions, il convient de redevenir prudent vis-à-vis des actions en général, après un début d’année tout simplement fantastique quelque soit la zone géographique (+12% pour l’Euro Stoxx depuis le 27 décembre 2018, +18% pour le S&P 500 depuis mi-décembre).

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Le changement de cap orchestré depuis deux mois en termes de discours des Banquiers Centraux ne fait que nous conforter dans nos prises de position depuis de longs mois. Ces derniers font preuve :

  1. D’un pragmatisme à toute épreuve : le moindre décrochage des marchés les poussera à rendre leur politique monétaire plus expansionniste, en maintenant a minima des taux bas voire à réactiver leurs politiques d’impression monétaire ;
  2. De lucidité quant à la fragilité des agents privés (ménages et entreprises) et de leur incapacité à supporter des conditions de financement moins favorables qu’aujourd’hui.

Ces deux facteurs nous font conserver nos positions : neutralité sur l’obligataire européen (les taux ne peuvent plus descendre plus bas), positifs sur l’obligataire américain.

MATIERES PREMIERES : Sous-pondérés à neutres sur les commodities. Surpondérés à neutres sur les métaux précieux

Les sanctions américaines sur le pétrole vénézuélien pourraient tirer les prix légèrement à la hausse en ce début d’année. Néanmoins, si de nombreuses réductions de production pourraient avoir lieu de la part des pays producteurs, il est à noter que la faiblesse de la croissance mondiale en 2019, et donc de la demande en pétrole, devrait peser de manière opposée dans la balance. L’or noir est donc de retour dans notre range de 40-60$ pour le WTI et devrait y rester pour le moment.

Nos anticipations sur les commodities du mois dernier (« Nous estimons toutefois que le début d’année pourrait être propice à un rebond de court terme, dans le sillage d’un apaisement généralisé et d’un plan de relance en cours dans l’empire du Milieu. ») ont été validées. Nous repassons entre sous-pondérés et neutres devant le peu d’avancées en matière de négociations entre les Etats-Unis et la Chine, et la faiblesse de la croissance à venir.

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.