Accalmie envisagée en ce début d’année, malgré des perspectives limitées

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Les marchés actions ont continué de corriger de part et d’autre de l’Atlantique en décembre, effaçant complétement toutes les performances de l’année 2018 avant de terminer dans le rouge : près de -7% pour l’indice large américain S&P 500 et près de -15% pour l’indice large européen Euro Stoxx.

Il n’existe pas un seul catalyseur de cette forte baisse. Au contraire, depuis quelques trimestres, les marchés doivent intégrer de nombreuses nouvelles données : une baisse des injections de liquidités par les Banques Centrales américains puis européennes, des politiques budgétaires à nouveau expansionnistes (Japon, Etats-Unis, France, Italie, Espagne et Chine) augmentant d’autant le besoin de financement public et créant une concurrence nouvelle dans l’offre d’obligations souveraines, un ancrage de taux d’inflation et de croissance structurellement faibles de par le monde rendant les retours sur investissement plus hasardeux, une fragilisation du modèle économique des pays émergents et des incertitudes (et non instabilités) politiques.

Nos prévisions :

Dans ces conditions, le risque, jusqu’alors non valorisé, doit être à nouveau rémunéré dans un environnement moins porteur. Cela se traduit naturellement par deux phases, plus ou moins concomitantes : la première est la vente sans discrimination des classes d’actifs considérées comme risquées (actions dans leur ensemble, High Yield, obligations émergentes, etc.) avant d’être en mesure d’identifier au sein de ces classes d’actifs les acteurs solides de ceux qui ne le sont pas.

Nous nous trouvons aujourd’hui encore dans la première phase, qui commence toutefois à être bien avancée pour certaine classe d’actifs. L’année 2019 devrait ainsi procéder à une poursuite de la correction des prix, mais surtout à la mise en place d’une discrimination forte au sein des classes d’actifs.

Cela étant dit, les mouvements ne se font pas en ligne droite, y compris dans les environnements défavorables. Or, nous considérons que les récentes corrections généralisées et violentes permettent d’envisager une inversion de tendances pendant quelques semaines, légitimant une allocation momentanément agressive (surpondération des actions et une sous-pondération à neutralité des obligations).

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : légèrement surpondérés

Les marchés actions européens ont entamé leur rebond après un segment de baisse historiquement long (158 jours ouvrés). Au regard de l’ampleur de la correction qui a eu lieu et des statistiques historiques pour l’indice Euro Stoxx, la hausse débutée le 27 décembre devrait se poursuivre (il reste près de 3% de potentiel de hausse par rapport aux normes historiques). Nous restons donc légèrement surpondérés sur les marchés actions européens.

Aux Etats-Unis, nous considérons que les marchés actions ont déjà connu un rebond d’une ampleur suffisante (+10,4% en 10 jours ouvrés pour le S&P 500 quand la médiane historique des hausses dans des environnements de doutes pour les investisseurs est de +8,5%) pour passer de surpondérés à neutres.

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Nous restons neutres sur les obligations souveraines européennes et sommes légèrement sous-pondérés sur les obligations souveraines américaines.

En effet, en Europe, les taux d’intérêt ont tous connu un recul en décembre, menés par l’évolution positive de la situation politique entre l’Italie et la Commission Européenne. Le gouvernement italien a révisé son budget pour arriver à un déficit estimé en 2019 de 2% contre les 2,4% annoncés dans les versions antérieures. Cela a permis une réduction forte de la tension sur les taux italiens, permettant d’apaiser les craintes d’une récession dans le pays, mais aussi une légère détente des taux des autres pays européens qui reste positive pour l’économie européenne. Toutefois, devant la faiblesse du momentum macroéconomique européen nous restons neutres sur cette classe d’actifs.

Aux Etats-Unis, la vigueur de la baisse des taux souverains à long terme (le 10 ans américain est passé de +3,2% début novembre à +2,6% début janvier) nous motive à rester neutres, voire très légèrement sous-pondérés sur les obligations américaines.

MATIERES PREMIERES : Passage de sous-pondérés à neutres sur les commodities. Neutres à surpondérés sur les métaux précieux

Malgré la diminution de la production de pétrole actée entre les pays de l’Opep et la Russie, le prix du baril a continué de baisser en décembre pour atteindre un point bas le 24 décembre (près de -44% depuis le point haut d’octobre). Depuis cette date, les prix de l’or noir ont rebondi de +26%, validant notre pari de surpondération.

Dans un même temps, les prix des commodities, dirigés essentiellement par la santé économique des pays émergents, ont eux-aussi poursuivi leur baisse en décembre, plombés par les mauvaises nouvelles en provenance de Chine. Malgré les plans de relance annoncés par l’Empire du Milieu, les données négatives continuent d’arriver, dont la chute de l’indice Caxin PMI en dessous des 50. Nous estimons toutefois que le début d’année pourrait être propice à un rebond de court terme, dans le sillage d’un apaisement généralisé et d’un plan de relance en cours dans l’empire du Milieu.

Concernant les métaux précieux, notre surpondération a largement payé (+4,2% sur l’or en décembre et +8,6% pour l’argent) au regard des tensions à l’échelle mondiale qui ont exacerbé une prise de position de la part des investisseurs sur des valeurs refuges.

Dans ces conditions, nous maintenons légèrement la position surpondérée prise début décembre sur les matières premières, et passons neutres sur les métaux précieux au regard d’un apaisement des tensions.

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.