Les Banques Centrales plus fortes que la crise sanitaire

 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Si les données macroéconomiques faisant suite au déconfinement montrent clairement un début de rebond de l’économie, nous ne devons pas nous considérer comme définitivement tirés d’affaire. En effet, il est logique d’observer dans un premier temps une forte reprise de l’activité suite au sentiment de « délivrance » engendrée par le déconfinement. Le tout est désormais de savoir si cette dynamique sera durable dans le temps.

Seule la politique monétaire joue aujourd’hui le rôle de rempart à un tsunami financier en évitant l’explosion du marché de la dette. La BCE a ainsi augmenté le montant du PEPP – programme d’achats d’urgence pandémique – de 600 milliards d’euros (soit un total de 1 350 milliards), quand la FED vient d’annoncer vouloir aller jusqu’à acheter des obligations d’entreprises sur le marché secondaire (en plus des achats déjà réalisés via des ETFs). D’ores et déjà la Banque Centrale américaine a annoncé qu’elle porterait la taille de son bilan entre 10 000 et 12 000 milliards de dollars d’ici quelques mois, alors qu’il se situait autour de 4 000 milliards de dollars avant la crise du Covid…

Et les annonces de soutien aux marchés actions pourraient continuer dans les mois à venir : en effet, si la BCE veut maintenir le rythme actuel de ses rachats d’actifs jusqu’à fin juin 2021, elle devrait de nouveau annoncer une augmentation de 500 milliards du PEPP dès le mois de septembre ! Il semble donc que tous les signaux soient au vert pour les investisseurs du côté du soutien monétaire, seul véritable soutien favorable aux actions en ce moment.

Nos prévisions :

Les marchés qui évoluaient dans un tunnel relativement resserré depuis le mois d’avril sont sortis par le haut à la fin du mois de mai, motivés comme depuis la mi-mars par les nouvelles annonces accommodantes des Banques Centrales et les plans de relances des gouvernements (D. Trump a entre autre de nouveau évoqué un plan de 1.000 milliards de dollars dédié aux infrastructures afin de relancer l’économie).

Dans ces conditions notre vision de l’environnement de marché s’améliore légèrement. Nous estimons ainsi aujourd’hui que la puissance des plans de relance monétaire et budgétaire sont à même de permettre aux marchés actions de conserver une dynamique légèrement haussière à court terme.

Cet optimisme de circonstance est évidemment conditionné au fait que la crise sanitaire reste sous contrôle : si nous observions une résurgence des cas de Covid-19 susceptible de paralyser l’économie mondiale une seconde fois (la Chine et les Etats-Unis présentent ainsi une augmentation du nombre de cas au cours des derniers jours), nous redeviendrons évidemment bien plus prudent vis-à-vis des actifs risqués.

ALLOCATION TACTIQUE

Pour les personnes à même de suivre les marchés actions quotidiennement, et ainsi de profiter pleinement de rebonds techniques, nous recommandons de profiter des reflux récents des bourses européennes et américaines (ces dernières ayant respectivement baissé de -6,8% pour l’Euro Stoxx et -7,1% pour le S&P500) pour repasser neutres sur les actions.

Côté obligataire, nous restons toujours neutres à court terme pour le souverain, au regard de l’afflux de liquidités en provenance des banques centrales, et restons très prudents vis-à-vis des obligations corporates les moins bien notées, en Europe comme aux Etats-Unis, ces dernières étant les plus à mêmes de souffrir de la situation actuelle de l’économie.

ACTIONS : neutres

Si nous repassons neutres à court terme au vu du soutien toujours marqué des Banques Centrales à travers le monde, et repondérons de nouveau les actions dans notre allocation finale suite à la correction observée à la mi-juin sur les marchés européens et américains, nous estimons que – sur le long terme – les niveaux de valorisations actuels (qui dépassent les niveaux d’avant crise et qui réatteignent même leurs niveaux des années 2000) ne sont pas soutenables.

En effet, nous estimons que les anticipations actuelles de recovery en V pour les profits des entreprises en 2021 nous apparaissent trop agressives (+37% de progression attendus l’année prochaine par rapport à cette année pour les sociétés européennes constituant l’Euro Stoxx et +27% pour les sociétés américaines du S&P500).

Rappelons que notre scénario actuel est celui d’une période d’accalmie dans un marché qui pourrait être chahuté à long terme. Dans ces conditions, si nous repondérons les actions à court terme, nous restons vigilants à moyen/long terme.

OBLIGATIONS : neutres au global, négatifs sur l’obligataire spéculatif (High Yield)

Contrairement aux actions, notre point de vu n’a que peu changé depuis maintenant deux mois en ce qui concerne les obligations : le soutien toujours massif des Banques Centrales rend une remontée importante des taux souverains impossible à moyen terme (J. Powell a ouvertement déclaré que les taux directeurs de la FED resteraient au plancher au moins jusqu’en 2022 !) Car si hausse des taux il devait y avoir, cela gripperait encore plus une économie déjà en berne suite à l’impact du Covid-19. Il est donc impensable que les Banques Centrales puissent laisser les taux remonter à moyen terme sous peine de propager encore plus la récession actuelle.

Du côté des obligations d’entreprises, les spreads ont de nouveau reflué après les nouvelles annonces de la FED et de la BCE. Dans le détail, nous restons neutres vis-à-vis des obligations des entreprises les mieux notées (investment Grade) mais sous-pondérons toujours les obligations spéculatives. En effet, notre point de vue sur ces actifs reste inchangé : l’effondrement conjoncturel que nous connaissons met en grande difficulté les émetteurs ayant une signature dégradée. Et si l’interventionnisme a évité au marché de se gripper à court terme, il n’empêche qu’une partie non négligeable des émetteurs devrait subir cette fois non une crise de liquidités mais bien de solvabilité dans les mois ou trimestres à venir (incapacité de faire face à leurs échéances de remboursement). En conséquence, nous préférons – et de loin – jouer du risque via des actions liquides et avec un risque de signature limité que via du High Yield, que nous maintenons en sous-pondération (nous aurions été « très » sous-pondérés sans la Fed).

MATIERES PREMIERES : neutres sur les commodities, légèrement positifs sur les métaux précieux

Pas de changement depuis plusieurs mois maintenant. Le ralentissement économique se poursuit et rend selon nous peu probable une reprise durable des prix des matières premières dans leur ensemble, notamment au regard du récent rebond des prix du pétrole.

L’or continue de se stabiliser sur ses précédents points hauts. L’afflux de liquidités à travers le globe devrait continuer de favoriser la « relique barbare » en maintenant les taux obligataires à des niveaux historiquement bas.

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE :

PERFORMANCE DES DIFFERENTES CLASSES D’ACIFS DEPUIS 1 MOIS :

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

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