La guerre commerciale revient sur le devant de la scène !

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Les prises de paroles du président américain font la pluie et le beau temps sur les marchés boursiers mondiaux depuis le début du mois de mai. Contre toute attente, D. Trump a semé le trouble en annonçant le 5 mai dernier la hausse des droits de douane sur 200 milliards de dollars d’exportations chinoises annuelles aux Etats-Unis. Les effets n’ont pas tardé à se faire sentir, l’ensemble des bourses mondiales refluant substantiellement, marchés asiatiques en tête.

Depuis, les tensions commerciales entre les deux premières puissances mondiales perdurent. Encore cette semaine, Donald Trump déclarait que l’accord négocié ne pourra être que clairement à l’avantage des Etats-Unis pour qu’il soit ratifié. Pire, les sanctions prises à l’égard d’Huawei, même si celles-ci ont été reportées de 3 mois, confirment une nouvelle fois la volonté claire du président américain d’en découdre réellement avec son adversaire chinois.

De ce côté-ci de l’Atlantique, la visibilité n’est guère meilleure : le momentum macroéconomique reste mal orienté, notamment en raison du ralentissement prononcé de la locomotive allemande depuis la fin d’année dernière.

L’ensemble de ces éléments fait remonter l’aversion pour le risque en même temps que la volatilité sur les marchés, créant un contexte favorable aux obligations souveraines (toujours considérées comme une bonne protection contre le risque) et défavorables à l’ensemble des actifs risqués, actions en tête.

Nos prévisions :

Dans un contexte déjà tendu, les élections européennes de dimanche pourraient pousser au gonflement d’une nouvelle prime de risque politique défavorable aux actifs risqués de la zone. En effet, l’éventualité d’une prise de pouvoir des partis europsceptiques au sein de parlement européen n’étant pas nulle, elle pourrait entrainer des doutes quant à l’identité du futur président de la Commission mais aussi de celui de la Banque Centrale Européenne.

Tout n’est pas noir pour autant. D’une part un accord entre les Etats-Unis et la Chine reste possible. D’autre part, les investisseurs bénéficient d’un allié de poids, avec des Banques Centrales qui semblent prêtes à jouer le rôle de soutien indéfectible des marchés à la moindre difficulté. Ainsi, nous considérons actuellement que les forces positives équilibrent toujours les forces négatives, créant les conditions d’une oscillation durable de l’ensemble des classes d’actifs autour de leurs niveaux actuels et poussant les investisseurs à adopter des stratégies tactiques pour générer de la performance. A court terme, le maintien d’une aversion pour le risque relativement élevée nous pousse à recommander encore aujourd’hui une allocation relativement prudente.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : sous-pondérés

Les mouvements de marché ne se faisant généralement pas en ligne droite, la question qui se pose aujourd’hui pour les investisseurs est celle de savoir si la respiration est dorénavant terminée sur les marchés actions. Nous n’en sommes pas convaincus : en effet, les corrections atteignant historiquement 8% durant un peu plus de 3 semaines dans un environnement incertain, les baisses récentes de -5,5% en Europe et de -3,5% aux Etats-Unis ne nous apparaissent pas encore suffisantes pour revenir dès à présent sur les marchés actions dans leur ensemble, qu’ils soient européens ou américains. Concernant les actions émergentes, le manque de perspective quant à la résilience des modèles économiques de ces pays dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et la Chine nous poussent à recommander durablement la sous-pondération de cette classe d’actifs tant que nous ne disposerons pas de signaux tangibles d’amélioration.

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Le momentum macroéconomique restant faible en Zone euro, la BCE ne devrait plus envisager de remontée de ses taux directeurs avant 2020… En effet, au regard de l’effondrement de la croissance potentielle dans l’ensemble de la Zone, notamment en lien avec le vieillissement accéléré de la population, nous estimons que les jalons sont posés pour le maintien des taux longs à des niveaux historiquement bas pour une période de temps très prolongée à l’image du Japon depuis 20 ans. Ceci explique que nous ne passons pas vendeurs sur l’obligataire souverain européen, en dépit des niveaux de taux aujourd’hui au plancher.

De l’autre côté de l’Atlantique, comme nous l’anticipions, le taux à 10 ans américain a poursuivi sa baisse pour atteindre désormais un niveau proche des taux directeurs de la FED. Nous continuons de penser que le taux à 10 ans américain pourrait continuer de légèrement décroître dans les mois à venir, au fur et à mesure que les investisseurs prendront conscience du ralentissement en cours de l’économie américaine.

Dans ces conditions, nous recommandons la neutralité à court terme vis-à-vis des obligations souveraines et corporate Investment Grande des pays riches et préférons la prudence vis-à-vis des obligations corporate High Yield américaines et européennes, mais aussi vis-à-vis des obligations émergentes, premières victimes des tensions géopolitiques actuelles.

MATIERES PREMIERES : Sous-pondérés à neutres sur les commodities. Surpondérés à neutres sur les métaux précieux

Les cours du pétrole sont depuis près d’un mois sous l’influence de deux tendances contraires : (1) la reprise des velléités au sujet de la guerre commerciale entre Pékin et Washington qui impacte négativement les cours de l’or noir – les investisseurs craignant que cela n’induise un ralentissement de l’économie mondiale et donc in fine de la demande de pétrole ; (2) les tensions géopolitiques impactant l’approvisionnement d’or noir réapparaissent (entrée en vigueur des sanctions américaines contre l’Iran, attaque d’un oléoduc saoudien par des drones, …). Dans ces conditions nous restons neutres sur le pétrole.

Quant aux métaux précieux, nous considérons que la faiblesse des taux à travers le monde rend leurs niveaux actuels propices à un léger renforcement de cette classe d’actifs en portefeuille, en particulier dans un contexte plus anxiogène.

 

 

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.