Les investisseurs choisissent de voir le verre à moitié plein !

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Malgré des indicateurs macroéconomiques en perte de vitesse, soulignant un ralentissement généralisé des pays développés et émergents, les marchés actions mondiaux ont poursuivi leur rebond entamé fin décembre, bien que plus timidement qu’en janvier (après +7,1% en janvier, l’indice représentatif des actions au niveau mondial (MSCI World) a continué de grimper de +3,2% en février et de +0,6% depuis début mars).

L’explication de cette résilience des marchés aux mauvais fondamentaux macroéconomiques n’est pas à aller chercher bien loin. Les Banques Centrales semblent toutes accorder leur violon en prenant bonne note de la faiblesse de l’économie mondiale. La Fed (Etats-Unis), la BCE (zone euro) et la BoJ (Japon) ont indiqué être prêtes à faire feu de tout bois pour contrebalancer instantanément toute décélération économique, quand les autorités chinoises sont déjà en pleine action (augmentation des quotas d’émissions de dette pour les gouvernements locaux, réduction des réserves obligatoires pour les institutions financières les plus petites et baisse de la TVA).

En outre, les investisseurs semblent confiants quant à la capacité des autorités américaines et chinoises de s’accorder sur un accord commercial, fermant la parenthèse d’une potentielle guerre commerciale durable largement défavorable pour l’économie mondiale.

Nos prévisions :

Les mouvements de marché ne se faisant généralement pas en ligne droite, la question qui se pose maintenant pour les investisseurs est celle du prétexte pour prendre leurs bénéfices déjà réalisés en ce début d’année.

Malgré un léger repli début mars (-1,5% pour l’Euro Stoxx, -2,2% pour le S&P 500 et même -4,3% pour le Russell 2000, indices des petites et moyennes capitalisations américaines), les indices mondiaux sont repartis de plus belle à la hausse. Cependant, tous les éléments de doutes que nous partagions avec vous le mois dernier déjà restent toujours d’actualité, à savoir : une baisse des injections de liquidités quand les besoins de financement public sont toujours importants, un ralentissement généralisé (Chine en tête) et un retour des incertitudes politiques (Brexit, élections européennes de mai, etc.)

Les indicateurs macro publiés en février et mars dépeignant un tableau toujours plutôt sombre, avec un ralentissement généralisé et des négociations au point mort (qu’elles soient commerciales avec la Chine et les Etats-Unis, ou encore politiques avec le Brexit), nous conservons notre recommandation de prudence du mois de février.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : sous-pondérés

La poursuite du mouvement haussier en février aura amené le S&P 500 à rebondir de +19,3% depuis le point bas de décembre, effaçant l’intégralité des pertes de la fin d’année 2018. L’une des raisons de la capacité de l’indice phare aux Etats-Unis à revenir dans le tunnel dans lequel il se trouvait avant l’excès de peur de la fin d’année dernière, est venu de la microéconomie : en effet, la saison de publications des profits réalisés au quatrième trimestre 2018 aura rassuré sur la bonne santé des entreprises américaines. Reste à savoir si celles-ci seront en mesure de garder le rythme dans un environnement devenu désormais moins porteur.

De la même manière, l’indice phare de la zone euro (Euro Stoxx) a effacé une partie de ses pertes de la fin d’année 2018, grâce à un rebond qui atteint +13.8% depuis le 28 décembre. La Banque Centrale Européenne, en se posant elle aussi comme garante de la stabilité des marchés, a permis de faire retomber le stress. Mais attention car les choses sont moins positives de ce côté-ci de l’Atlantique : la dynamique économique est de plus en plus mal orientée, rendant probable des déceptions sur le plan des résultats des entreprises dans les mois qui viennent.

Dans ces conditions, il convient de rester prudent vis-à-vis des actions en général. Nous maintenons donc une sous-pondération vis-à-vis de cette classe d’actifs, en attendant une correction d’au moins -5% avant de se repositionner sur les marchés américains et européens.

OBLIGATIONS : neutres sur les obligations souveraines

Le changement de cap de l’ensemble des banquiers centraux par rapport aux politiques de resserrement monétaire est désormais bel et bien acté avec le dernier revirement en date, celui de Mario Draghi. Le président de la BCE a annoncé début mars une modification des projections de croissance à +1,1% pour la Zone euro, contre +1,7% prévu précédemment, ainsi que des prévisions d’inflation pour 2019 de +1,2% contre +1,6% précédemment. Pour répondre à cette situation de stress, la BCE mettra en place un nouveau TLTRO, c’est-à-dire une série de prêts très avantageux pour les banques de la Zone euro qui devront faire face dès septembre à une grande quantité de dette à rembourser.

Les taux des obligations souveraines pour les pays membres ont poursuivi leur baisse suite à cette annonce, portant notamment le taux à 10 ans allemand à … 0,04%. Les taux ne pouvant pas tomber beaucoup plus bas que leurs niveaux actuels en Europe, nous restons neutres sur cette classe d’actifs sur le Vieux continent, considérant que son rôle est essentiellement de garantir le capital du souscripteur. En revanche, les mauvais chiffres sur le plan macroéconomique aux Etats-Unis nous poussent à rester acheteurs de l’obligataire américain, estimant que les taux souverains pourraient encore baisser en raison de la conjoncture mais aussi d’une possible réorientation de la politique de réduction du bilan de la Banque Centrale américaine.

MATIERES PREMIERES : Sous-pondérés à neutres sur les commodities. Surpondérés à neutres sur les métaux précieux

Les Etats-Unis pourraient voir leur nombre de forages diminuer de l’ordre de 25% au troisième trimestre. Couplé avec les problèmes vénézuéliens, cela devrait peser sur l’offre de pétrole dans les mois à venir. Mais de l’autre côté, la faiblesse de la croissance mondiale en 2019, notamment chinoise, et donc de la demande globale en pétrole, pourrait peser en sens inverse dans la balance. In fine, l’or noir devrait dans ces conditions continuer d’osciller dans notre range large de 40-60$ pour le baril WTI.

En un mois, seules des informations relatives à la faiblesse de la croissance chinoise sont véritablement apparues. Le géant chinois, premier consommateur de matière première mondiale, est en effet en train de réaliser un énième plan de relance de son économie, signe d’un ralentissement plus fort que ne veulent bien le laisser paraître les chiffres macroéconomiques du pays. Nous maintenons donc notre position entre sous-pondérés et neutres pour les matières premières hors pétrole.

Après avoir reflué en début de mois, l’or se stabilise autour de 1280$, notamment porté par la baisse des taux réels. En effet, la baisse des taux souverains rend d’autant plus attractifs les métaux précieux (qui souffrent moins de l’absence de rendements associée par rapport aux obligations). Cela nous pousse à surpondérer l’or à court et moyen terme.

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

[download id= »6714″]