Allocation d'actif RhétorèsCONTEXTE

Ce qui s’est passé :

Les investisseurs ont clairement été pris en défaut par le Brexit, qui a cassé la dynamique positive qui se dessinait au regard des fondamentaux économiques de l’Europe, plutôt moins mauvais qu’ailleurs. A l’issue du vote et de manière prévisible, les marchés se sont immédiatement ajustés à cette « nouvelle donne », en effaçant l’essentiel des gains générés auparavant : le lendemain du vote les marchés actions ont reculé partout dans le monde (-7.7% en Europe, -3.6% aux Etats-Unis, -7.9% au Japon), la livre s’est écroulée face aux autres devises (-8.6% face au dollar, -6.4% face à l’euro), l’or a confirmé son statut de valeur refuge en gagnant +4.5%, et les taux obligataires souverains ont chuté jusqu’à passer en territoire négatif pour certains. Ces mouvements reflètent l’abandon brutal de tous les actifs risqués au profit d’actifs certes moins rémunérateurs mais qui sont synonymes de sécurité en période de stress élevé.

Nos prévisions :

La question que tout le monde se pose aujourd’hui est la suivante : le Brexit va-t-il entraîner les marchés dans les abysses ? Ce n’est pas notre scénario central : si les évènements récents vont clairement maintenir une prime de risque politique sur le Vieux continent au regard des incertitudes sur l’avenir de la zone, les Banques Centrales disposent encore de marges de manœuvre à court terme pour contrer les forces négatives en présence. D’autant plus que les conséquences économiques du Brexit nous semblent aujourd’hui clairement surestimées. En conséquence, il convient de ne pas céder à la panique : les marchés devraient continuer à osciller dans le tunnel horizontal où ils se sont installés depuis 3 mois dans un contexte de forte volatilité, susceptible de générer des opportunités à condition de rester sélectif et tactique.

L’ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : évolution dans un corridor

Après la correction récente nous n’anticipons pas pour le moment l’entrée dans un véritable marché baissier (Bear Market). Les marchés devraient continuer à osciller dans un tunnel horizontal, pour autant la volatilité restera élevée dans les mois à venir au gré de l’actualité politique. Même si le potentiel de rebond reste limité en Europe, le Brexit est désormais, sauf en cas de sur-réaction des gouvernements d’Europe continentale, intégré dans les cours boursiers, ce qui ouvre la voie à un marché européen moins chaotique dans les semaines à venir. Nous sommes par contre moins confiants en ce qui concerne le marché des actions américaines, qui reste surévalué au regard de ses fondamentaux. La période des publications des résultats des entreprises américaines pour le second trimestre 2016, qui débutera dans 10 jours, sera cruciale et pourrait servir de catalyseur à la consolidation attendue sur ce marché.

OBLIGATIONS : rendements au plancher

Si le résultat du référendum a provoqué une hausse momentanée de l’écart entre les taux souverains au travers d’une baisse des taux allemand et américain et d’une hausse pour les pays périphériques (Italie, Espagne, Grèce…), le rebond des pays les plus à risque n’a pas fait long feu. Les taux ont retrouvé leurs plus bas historiques à la fois pour des raisons structurelles mais aussi en raison de l’interventionnisme de la Banque Centrale Européenne : les taux sont négatifs sur toutes les échéances jusqu’à 3 ans pour l’Italie, 4 ans pour l’Espagne, 9 ans pour la France et 15 ans pour l’Allemagne… et cela devrait durer ! Par contre, une hausse de l’aversion pour le risque au niveau mondial devrait limiter la baisse des taux des obligations d’entreprise, en particulier les plus risquées (high yield).

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MATIERES PREMIERES : prudence à court terme

Après un très fort rebond en début d’année, les prix des matières premières se sont stabilisés depuis 2 mois. Les craintes légitimes sur le rythme de croissance de l’économie mondiale au second semestre de l’année devraient désormais générer des pressions baissières sur celles-ci.

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AVERTISSEMENT

Cette publication est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.