Examens franchis avec brio… jusqu’au prochain !

CONTEXTE

Ce qui s’est passé : Quelle résistance des investisseurs !

Après le Brexit, après l’élection de Donald Trump, voici le « non » au référendum italien, poussant du même coup le premier ministre Matteo Renzi dehors… Difficile d’imaginer pire contexte politique que la série qui s’est déroulée en moins de 6 mois ! Et pourtant, les marchés financiers font de la résistance et même plus, rien ne semblant pouvoir les empêcher d’emmener les indices boursiers dans des sphères depuis longtemps inconnues. Comment l’expliquer ? D’abord parce que les conséquences concrètes sur l’économie des récents bouleversements politiques ne se feront sentir que plus tard, probablement pas avant le second semestre 2017. D’autre part, il ne faut pas oublier que, notamment en Europe, la Banque Centrale continue d’injecter 80 milliards d’euros par mois sur les marchés jusqu’en mars prochain (soit 320 milliards d’euros en quatre mois) et vient d’annoncer qu’elle poursuivra sa politique de soutien jusqu’à fin 2017 au rythme de 60 milliards par mois (soit 540 milliards d’euros injectés en plus…). En tout, c’est la bagatelle de 860 milliards d’euros (soit un peu plus de 8% du PIB de la zone euro) qui seront mis sur la table au cours des 13 prochains mois… Cela permet de voir venir et surtout de remettre à plus tard tout risque de hausse des taux d’intérêt incontrôlée.

Nos prévisions : Les actions s’installent à l’étage supérieur, les obligations redeviennent attractives

C’est peut-être le plus important à court terme : les investisseurs ont choisi (pour le moment) de se laisser séduire par un « scénario rose » amenant les économies riches, États-Unis en tête, sur la voie d’une croissance et d’une inflation fortes pour les années à venir. Même si nous penchons pour un scénario plus pondéré pour les perspectives économiques, cette conjonction de facteurs positifs constitue les fondations de marchés financiers bien orientés pour les mois à venir, quelles que soient les classes d’actifs considérées… Dans ces conditions, il faut se laisser porter par l’euphorie ambiante, tout en restant très sélectif, car le risque est loin d’avoir disparu. Les marchés actions ayant pour le moment franchi les principaux examens politiques sans encombre, les grands indices européens devraient pouvoir s’installer à un niveau supérieur par rapport au tunnel dans lequel ils oscillaient depuis plus d’un an désormais (cf. graphique). A contrario, les obligations devraient remonter progressivement (les taux rebaisser).

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ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : Les marchés des pays riches ont passé toutes les épreuves politiques avec brio !

Contre toute attente, les marchés actions ont remarquablement bien résisté aux derniers scrutins américain et italien. Mieux, ils en ont profité pour regagner leurs plus hauts. Nous estimons que l’euphorie actuelle pourrait durer jusqu’à la fin d’année/début d’année prochaine, sans pour le moment être convaincus par le scénario qui consisterait à voir les indices actions américains et européens prendre une direction clairement à la hausse à moyen et long terme. Nous estimons plutôt que les indices vont osciller dans un tunnel horizontal dont les bornes se situeront à l’étage au-dessus de celles qui déterminaient leur évolution depuis un an et demi (cf. graphique). Du côté des émergents, la donne est différente puisque la hausse du dollar et l’élection de Donald Trump rendent les perspectives économiques pour ces zones très incertaines (même s’il existe une grande hétérogénéité de comportement selon les régions).

OBLIGATIONS : Les taux commencent à refluer… comme prévu

Comme évoqué le mois dernier, la hausse violente et brutale des taux d’intérêt redonne du crédit à cette classe d’actifs. Les investisseurs profitent de taux désormais plus rémunérateurs (même s’ils restent faibles par rapport aux moyennes historiques) pour acheter à nouveau des obligations souveraines, qu’elles soient américaines ou européennes. Par ailleurs, le soutien renouvelé de la Banque Centrale Européenne aux marchés financiers rend la perspective d’une hausse supplémentaire des taux d’intérêt très peu probable. Dans ces conditions, il convient de continuer à revenir tactiquement sur les marchés de l’obligataire souverain, de l’obligataire d’entreprise peu risqué (Investment Grade) et dans une moindre mesure plus risqué (High Yield).

MATIERES PREMIERES : toujours coincées dans leur tunnel

Une grande déconnexion est apparue entre :

  • D’un côté les prix des matières premières énergétiques et industrielles, portées par un accord entre les pays producteurs de pétrole pour réduire la production et des perspectives de politiques d’investissement public renouvelées en Chine et aux États-Unis
  • De l’autre le prix des matières premières agricoles qui a poursuivi son repli.

Ces mouvements devraient désormais être assez largement derrière nous, poussant à devenir plus prudents sur les matières premières d’ici la fin de l’année.

Comme évoqué le mois dernier, l’or (et dans une moindre mesure l’ensemble des métaux précieux) est quasiment toujours pénalisé en cas de hausse des taux… Cela s’est encore une fois vérifié puisqu’il a reculé de –7.5% sur le mois de novembre. L’atterrissage semble désormais en grande partie terminé, notamment en raison de la stabilisation voire la baisse à venir des taux souverains aux États-Unis et en Europe.

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AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

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