CONTEXTE

Ce qui s’est passé : le calme plat !

Cela faisait de nombreuses années que les investisseurs partaient en congés la boule au ventre, les périodes estivales étant régulièrement chahutées par des épisodes de stress extrême. Ce ne fut pas le cas cette fois-ci, le Brexit ayant constitué un véritable pétard mouillé pour les marchés financiers, comme nous l’anticipions juste après la décision des britanniques. Dans le détail, les taux restent toujours aussi bas, les actions continuent leur lente mais régulière remontée, dans un contexte de volatilité extrêmement faible. Même si aucun problème de fond ne semble réglé, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis, au Japon ou dans les pays émergents, une forme de statu quo bénéfique à tout le monde s’est instauré au cours des dernières semaines, les investisseurs étant rassurés par toutes les Banques centrales du monde, qui semblent prêtes à « raser gratis » encore longtemps.

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Nos prévisions :

Comme évoqué dans notre dernière allocation, nous estimons que les marchés devraient continuer à osciller dans un tunnel horizontal, toute phase de baisse prolongée créant une opportunité pour acheter et inversement toute phase de hausse créant les conditions d’une prise de bénéfices. Ce comportement très tactique marque une nouvelle tendance : les investisseurs naviguent à vue depuis désormais de nombreux trimestres sans grande certitude, en misant avant tout sur la réactivité et la sélectivité pour générer de la performance. Nous ne voyons aucune raison pour que cette tendance de fond change dans les semaines à venir.

L’ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : on se rapproche d’une respiration, même si l’Europe pourrait aller encore un peu plus haut.

L’été n’a fait que renforcer une réalité : les marchés actions américains sont désormais chers par rapport aux fondamentaux économiques. La conjonction d’une économie qui tourne désormais au ralenti, de résultats d’entreprises moins convaincants ainsi que la proximité d’une élection présidentielle qui n’emballe pas grand monde… rendent la probabilité de connaitre une correction sur ces marchés de plus en plus forte durant les semaines à venir. Du côté européen, le tableau est moins sombre : dans un contexte où les entreprises profitent toujours de conditions de financement extraordinairement faibles, les marchés actions européens pourraient rattraper une partie de leur retard engrangé depuis le début de l’année. Quant aux émergents, les investisseurs devraient commencer à prendre leurs bénéfices dans les semaines à venir et provoquer le ralentissement de la hausse observée sur ces marchés au cours de l’été.

OBLIGATIONS : toujours au plancher… et ça devrait durer

Les propos toujours très agressifs des banquiers centraux partout dans le monde permettent aux taux souverains de se maintenir à des niveaux historiquement faibles partout sur la planète. Si nous ne croyons pas à une remontée franche, il ne reste plus beaucoup de marges pour qu’ils poursuivent leur chute puisque c’est près du tiers de la dette mondiale qui s’inscrit désormais en territoire de taux négatifs ! Les premiers bénéficiaires de cette situation inédite restent les entreprises (et les ménages), qui voient leurs conditions de financement continuer à s’améliorer, avec des taux toujours plus bas. Il ne reste là aussi plus grand-chose à espérer comme rendement sur ce segment de l’obligataire corporate, hormis en optant pour un comportement très sélectif dans la catégorie de l’obligataire à haut risque (High Yield), spécialement en Europe.

MATIERES PREMIERES : prudence à court terme

Rien de très clair sur les matières premières, pétrole en tête, dont le prix continue d’osciller entre 40$ et 50$ le baril au gré des nouvelles sur la croissance mondiale (attendue à un niveau très faible cette année) et les accords potentiels entre pays producteurs. Les prix devraient encore rester dans cette fourchette au cours du mois.

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