L’APAISEMENT À COURT TERME RESTE PASSAGER 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

De nombreux verrous ont sauté au cours du mois écoulé, tout du moins à court terme. On pense bien sûr à la politique monétaire américaine, qui a récemment changé de braquet pour accélérer à nouveau le gonflement de la taille de son bilan en annonçant un nouveau plan de rachat d’actifs à la mi-octobre. C’est d’ailleurs cette nouvelle qui nous a fait modifier notre allocation d’actifs en cours de mois pour opter pour une allocation plus agressive à court terme.

Même si la visibilité reste ténue à moyen ou long terme, de nombreuses tensions géopolitiques se sont évaporées à plus court terme. En premier lieu, la franche désescalade sur le front du commerce mondial ou encore le délai supplémentaire pour implémenter le Brexit, qui participe au reflux des craintes de rupture sur les marchés financiers, ont permis de franchir des plafonds qui résistaient depuis près de deux ans.

Sur le plan de la macroéconomie, le marasme industriel européen se poursuit mais ne s’aggrave plus. Les indices PMI manufacturiers (qui mesurent la santé du secteur industriel) se sont en effet stabilisés dans l’ensemble de la zone euro, même s’ils restent en zone de contraction de l’activité notamment en Allemagne. Si la situation est moins tendue outre-Atlantique, certains indicateurs nous laissent perplexes, notamment sur le front de l’emploi qui pourrait ne pas briller éternellement.

Nos prévisions :

Si de nombreux facteurs positifs se sont alignés depuis maintenant 1 mois, la hausse non négligeable des actifs qui a eu lieu depuis nous fait de nouveau devenir plus prudents. En effet, il ne faut pas occulter le fait que l’économie réelle, en particulier dans les pays émergents, nous fait douter de la résilience de la hausse récente des actifs risqués, dans un contexte de niveaux de valorisation historiquement élevés. Ce contexte macroéconomique incertain pave ainsi la voie à une allocation raisonnablement défensive à court et moyen terme, sans pour autant verser – encore – dans le pessimisme excessif.

Sur les marchés actions, nous continuons de préférer les pays riches aux pays émergents, ces derniers étant potentiellement les premières victimes du reflux actuel du commerce mondial. Pour les pays riches, conformément aux comportements typiques dans un environnement incertain, nous recommandons la prudence à court terme après le rebond généralisé des marchés actions depuis le 15 août dernier (+12,8% pour l’Euro Stoxx et +8,8% pour le S&P 500).

Côté obligataire, nous restons neutres à surpondérés à court terme après la remontée des taux qui a eu lieu depuis près d’un mois.

Enfin, nous restons positifs sur les métaux précieux, la faiblesse persistante des taux souverains pavent la voie à l’appréciation durable de ces derniers à moyen et long terme.

ALLOCATION TACTIQUE

ACTIONS : neutres à sous-pondérés

L’euphorie actuelle qui fait suite à la désescalade des tensions sur le front de la guerre commerciale a fait largement rebondir les marchés actions. Ainsi depuis le point bas du 15 août dernier, les différents marchés actions de la zone euro affichent des rebonds entre +10% et +18% (+12,8% pour l’indice large de la zone, l’Euro Stoxx), quand les marchés américains ont battu des niveaux records (le S&P500 fleurte avec les 3100 points, après une hausse de +8,8% depuis la mi-août). Nous recommandons ainsi de profiter de la poursuite de la hausse pour désensibiliser progressivement son portefeuille au risque actions, dans l’optique de revenir sur des niveaux plus attractifs par la suite. En effet, si le soutien massif des banques centrales justifie en partie l’euphorie actuelle, la faiblesse actuelle de la microéconomie – fondement même de la valorisation des sociétés – nous fait penser que les marchés actions ne devraient pas s’orienter durablement à la hausse à moyen terme surtout dans un contexte de niveaux de valorisation historiquement élevés.

Dans ce contexte, nous recommandons d’être neutres à sous-pondérés afin de pouvoir revenir sur des niveaux plus attractifs dans les semaines à venir.

Concernant les actions émergentes, nous estimons depuis de nombreux mois maintenant que le manque de perspectives quant à la résilience des modèles économiques de ces pays – qui plus est dans un contexte de tensions persistantes entre les Etats-Unis et la Chine – est tel qu’il faut recommander une sous-pondération durable de cette classe d’actifs tant que nous ne disposerons pas de signaux tangibles d’amélioration.

OBLIGATIONS : neutres à surpondérés

Le rebond des taux souverains européens, entamé début septembre, s’est poursuivi en octobre en Allemagne, en France et en Espagne. Le 10 ans allemand est passé de -0,6% à -0,26% sur le mois, le 10 ans français de -0,25 à +0,04% et le 10 ans espagnol de 0,15% à 0,41% et le 10 ans italien est remonté à +1,24%. Nous ne nous attendons pas cependant à une remontée des taux sur les niveaux de 2017 ou 2018, qui traduiraient un renforcement économique trop important au regard à la fois de la tendance actuelle mais aussi du potentiel de plus long terme des économies du Vieux continent.

Concernant l’obligataire corporate, les taux européens ont connu la même tendance. Nous considérons toujours que l’obligataire corporate Investment Grade devrait se comporter comme l’obligataire d’Etat à court et moyen terme. Il faudra quand même surveiller de plus en plus près ces entreprises, au regard des mauvais résultats publiés au 3ème trimestre.

Nous recommandons ainsi d’être neutre voir légèrement surpondérés à court terme vis-à-vis des obligations souveraines et corporate Investment Grade des pays riches. Concernant les émergents, nous conservons le même point de vue que sur les actions et restons sous-pondérés tant que nous ne disposerons pas de signaux tangibles d’amélioration de la conjoncture. Enfin, nous préférons la prudence vis-à-vis des obligations corporate High Yield dans leur globalité (américaines et européennes), tant le risque intrinsèque de cette classe d’actifs est comparable à celui des marchés actions.

MATIERES PREMIERES : sous-pondérés sur les commodities, surpondérés sur les métaux précieux et le cash

Dans un contexte de ralentissement généralisé, peu de facteurs permettent d’envisager une véritable sortie par le haut pour le pétrole quand les anticipations de la demande restent faibles. Par conséquent, nous restons neutres à négatifs sur le pétrole. Concernant les matières premières industrielles, le ralentissement économique se poursuit, et nous maintenons donc notre position entre sous-pondérés et neutres.

Concernant les métaux précieux, le repli des derniers jours s’explique avant tout par la vigueur de la hausse des mois passés. Le contexte semble toutefois foncièrement porteur pour les métaux précieux à moyen et long terme dans un environnement de taux réels structurellement bas.

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDÉE :

PERFORMANCE DES DIFFERENTES CLASSES D’ACIFS DEPUIS 1 MOIS :

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

Allocation mensuelle NOVEMBRE 2019