La déconnexion entre marchés financiers et économie réelle se poursuit grâce aux autorités monétaires et budgétaires…

Pour combien de temps ?

 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

Les données macroéconomiques en provenance d’Europe, des Etats-Unis et de Chine sont aujourd’hui difficilement lisibles en cette période de rentrée.

  • En zone euro, le rebond économique est plus faible que prévu initialement, en particulier dans les pays du sud de l’Europe qui sont particulièrement impactés par la remontée récente de l’euro.
  • En Chine, la reprise se confirme mais à un rythme : la production industrielle réaccélère légèrement et les ventes au détail progressent en aout (+0.5%) pour la première fois de l’année après 7 mois consécutifs de repli.
  • Outre-Atlantique, les chiffres sont globalement de meilleure facture, même si les chiffres de l’emploi restent préoccupants : sur les 22,2 millions d’individus ayant perdu leur emploi à cause de la crise du Covid-19, moins de la moitié (10,6 millions) ont retrouvé un emploi à ce jour. A cela viennent s’ajouter des tensions sociales toujours présentes au pays de l’Oncle Sam, ce qui pourrait avoir des effets délétères sur l’économie à moyen terme. Du côté budgétaire : Républicains et Démocrates peinent à trouver un accord concernant leur plan de relance… Les négociations s’orientent pour l’instant vers un accord a minima de 500 milliards de dollars, loin des 1.500 milliards de dollars espérés par les marchés, ce qui pourrait être mal pris par les investisseurs surtout à l’approche des élections présidentielles.

 

Du côté des politiques monétaires, les autorités, que ce soient la BCE ou la FED, restent au chevet de l’économie et des marchés financiers. Pour preuve, le président de la Banque Centrale américaine Jérôme Powell a même affirmé dans son dernier discours qu’il estimait que l’économie avait besoin de taux d’intérêt bas, confirmant de facto la prolongation du QE « infini » de la banque centrale américaine.

Nos prévisions :

Pour le moment, nous continuons de considérer que les forces positives l’emportent sur les forces négatives, nous amenant à garder un très léger biais haussier pour les actifs risqués, actions en premier lieu, pour les mois à venir. Pour autant, il faudra savoir rester réactif car de nombreux facteurs pourraient venir enrayer la dynamique actuelle :

  1. La crise sanitaire est loin d’être terminée. Si le nombre de nouveaux cas a globalement diminué aux Etats-Unis (pour retomber sur les niveaux de la fin juin), 22 Etats américains affichent toujours une hausse de leurs nombres de cas. Et les récentes célébrations du « Labor Day » pourraient faire largement repartir à la hausse le nombre de cas (comme cela fût le cas lors du “Memorial Day”). Sur le Vieux continent, l’Espagne et la France sont pour le moment les pays les plus touchés avec un nombre de cas qui ne cesse de croitre (l’Espagne est le premier pays d’Europe à avoir franchi la barre des 500 000 contaminations)
  2. Les tensions Sino-Américaines sont toujours présentes, D. Trump prenant un malin plaisir à rajouter de l’huile sur le feu de manière récurrente en cette période électorale. L’homme de la Maison Blanche ne cherche pas à calmer le jeu entre son pays et l’Empire du Milieu, il vient de déclarer qu’il souhaitait que la croissance américaine se détache de celle de la Chine de manière définitive, et avec des barrières douanières extrêmement élevées si nécessaire. Cette rhétorique va, selon nous, bien plus loin que le simple objectif électoraliste à laquelle elle est associée par un certain nombre de commentateurs et s’ancre totalement dans la politique américaine mise en place durant le premier mandat du président Trump : America first.
  3. Les futures élections américaines qui se rapprochent à grand pas pourraient venir semer le doute sur les marchés dans un futur proche, surtout si les intentions de vote en faveur de J. Biden venaient à se confirmer dans les sondages en raison de son caractère moins « market friendly » que Donald Trump.

ALLOCATION TACTIQUE

Nous réalisons peu de changements par rapport à notre dernière allocation.

ACTIONS : neutralité recommandée

Si nous restons neutres à court terme au vu du soutien toujours marqué des Banques Centrales à travers le monde, nous estimons toujours que – sur le long terme – les niveaux de valorisations actuels (qui dépassent les niveaux d’avant crise et qui réatteignent même leurs niveaux des années 2000) ne sont pas soutenables, nous poussant à rester vigilants à moyen et long terme.

En Europe, c’est le calme plat et l’indice large européen (Euro Stoxx) stagne dans un tunnel relativement resserré depuis le mois de juin. Aux Etats-Unis, les marchés ont légèrement reflué en ce début septembre suite à une prise de bénéfices sur les valeurs du secteur de la Technologie (l’indice Nasdaq a ainsi baissé de -10% depuis le 2 septembre). Rien d’alarmant tant la hausse qui a précédé ce mouvement de repli avait été important (malgré cette baisse, l’indice Nasdaq se situe toujours 10% au-dessus des points hauts de février, avant que la crise du Covid-19 ne commence).

OBLIGATIONS : neutralité globale, hormis pour l’obligataire d’entreprises spéculatif (High Yield)

Notre point de vue n’a pas changé depuis plusieurs mois en ce qui concerne les obligations : le soutien toujours massif des Banques Centrales rend une remontée importante des taux souverains impossible à moyen terme (les taux se sont stabilisés en zone euro et ont très légèrement remonté aux Etats-Unis).

Du côté des obligations d’entreprises, nous restons neutres vis-à-vis des obligations des entreprises les mieux notées (Investment Grade) qui devraient continuer de se comporter comme le souverain, mais nous sous-pondérons toujours les obligations spéculatives (High Yield). Pour ces dernières, nous considérons que l’effondrement conjoncturel que nous avons connu met en grande difficulté les émetteurs ayant une signature dégradée. Et si l’interventionnisme a évité au marché de se gripper à court terme, il n’empêche qu’une partie non négligeable des émetteurs devrait subir cette fois non une crise de liquidités mais bien de solvabilité dans les mois ou trimestres à venir (incapacité de faire face à leurs échéances de remboursement). Nous préférons donc prendre du risque dans les portefeuilles via les actions plutôt que les obligations spéculatives.

MATIERES PREMIERES : neutralité sur les matières premières, légèrement positifs sur les métaux précieux

Alors que les inquiétudes grandissent sur la vigueur actuelle de l’économie mondiale, l’Arabie Saoudite a décidé de baisser les prix pour sa production à destination de l’Asie, ce qui a fait baisser les cours du pétrole de l’ordre de -15% en quelques jours. Avec une offre abondante et une demande toujours en berne, il ne faut pas espérer voir l’or noir reprendre des couleurs avant qu’une reprise durable de l’économie ne soit envisagée. Notre tunnel cible reste le suivant : 35/45$, acheteur à 35$, vendeur à 45$.

Concernant les métaux précieux, l’afflux de liquidités à travers le globe devrait continuer de favoriser cette classe d’actifs, d’autant plus attractive (même si l’or stagne malgré une certaine volatilité depuis juillet) en raison de taux obligataires maintenus durablement à des niveaux historiquement bas par les Banques Centrales.

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « DYNAMIQUE* » :

*Benchmark : 70% Actions / 30% Obligations

 

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « MODÉRÉ* » :

*Benchmark : 50% Actions / 50% Obligations

 

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « PRUDENT* » :

*Benchmark : 30% Actions / 70% Obligations

 

PERFORMANCE DES DIFFERENTES CLASSES D’ACIFS DEPUIS 1 MOIS :

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE.

Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

 

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