Les Banquiers Centraux rassurent les investisseurs 

 

CONTEXTE

Ce qu’il s’est passé :

La fin juillet et le mois d’août ont été calmes du côté des données macroéconomiques : la tendance reste à l’heure actuelle toujours bonne en Europe et aux Etats-Unis. Même si des pics pourraient se produire jusqu’au début d’année prochaine au regard des problématiques d’approvisionnements à travers le globe, l’inflation devrait rester transitoire et ne pas pousser nos banquiers centraux à changer leur fusil d’épaule de sitôt. Seuls les émergents, hors Chine, pourraient être impactés négativement par cette montée ponctuelle des coûts de production.

Concernant la microéconomie, celle-ci continue d’afficher une résilience à toute épreuve (notamment aux États-Unis). En effet, la saison des publications du deuxième trimestre affiche des chiffres records : 99% des sociétés composant le S&P500 ont publié à ce jour et ces dernières affichent une croissance bénéficiaire de +92,2% en agrégé ! Soit des chiffres bien plus élevés que ce qui était encore prévu par les analystes à la fin juin quand ces derniers n’anticipaient qu’une hausse de +63,0% des bénéfices pour le T2. Ce deuxième trimestre marque donc la plus forte hausse observée depuis la crise des subprimes et le rebond connu lors du T4 2009 (+108,9% à l’époque). Si l’on ajoute à cela le fait que 86,2% des sociétés qui ont publié ont battu le consensus en termes de BPA – soit la plus forte valeur affichée par cette métrique depuis que FactSet a commencé à la publier en 2008 – les sociétés composant le S&P500 ont publié des bénéfices en moyenne 16,4 % plus élevés que les prévisions des analystes !

Nos prévisions :

Lors du dernier symposium de Jackson Hole qui représente la grande messe des Banques Centrales mondiales, Jérôme Powell a pris d’infinies précautions pour ne pas affoler les marchés dans son discours… et cela a bien fonctionné. Comme nous l’envisagions, il a rappelé que la notion de tapering (réduction des rachats d’actifs par une Banque Centrale) ne signifie pas arrêt des rachats d’actifs mais seulement diminution progressive du volume d’achats (passage de 120 milliards à 90 milliards selon les premières estimations dans le cas de le FED), mais surtout – et plus important encore – que ce mouvement ne serait pas synonyme de hausse des taux. Au final, les Banquiers Centraux ont de nouveau rassuré les investisseurs.

Dans ce contexte, tant qu’il ne sera pas envisagé de baisse du total du bilan des Banques Centrales et que les taux resteront au plancher, les marchés devraient pouvoir maintenir les niveaux de valorisation actuels. Les actions devraient osciller autour des niveaux actuels – voire légèrement continuer leur marche en avant – tant que les nouvelles macro et micro resteront dans la même veine, et que les banquiers centraux maintiendront des taux nominaux bas. Nous recommandons toujours la neutralité généralisée en termes d’allocation, que ce soit en termes d’actifs, de zones géographiques ou de thématiques, au vu de la hausse déjà parcourue depuis les points bas de mars 2020.

Nous estimons toujours que nous sommes désormais entrés dans une nouvelle ère de déconnexion entre une économie réelle très bien orientée et des marchés actions qui pourraient stagner ou progresser à un rythme faible (à l’inverse de ce que nous avons connu l’année dernière : une économie réelle aux abois et des marchés actions très bien orientés).

ALLOCATION TACTIQUE

Pas de modification significative depuis notre précédente allocation du mois de juillet : légère réduction du risque sur les actions américaines considérant que la hausse continue de +38,1% (pour le S&P500) depuis le début du mois de novembre 2020 rend une respiration sur les actions US souhaitable.

ACTIONS : Maintien de la neutralité sur les actions, hormis en Europe. Légère prise de bénéfices sur les actions américaines.

Les indices actions des pays développés continuent leur ascension, les marchés américains battant de nouveaux plus hauts historiques. Ceci est à mettre en relation avec le reflux substantiel des taux d’intérêt observé depuis la fin juin de l’ordre de 15 points de base (les taux longs à 30 ans sont aujourd’hui à 1,92 % contre 2,06 % fin juin). Les taux européens à 30 ans ont encore plus baissé en passant de 0,82 % à 0,53 % durant la même période. A cela vient s’ajouter le fait que les perspectives bénéficiaires ont poursuivi leur dynamique haussière avec une année 2021 qui a été considérablement revue à la hausse : aux États-Unis, les prévisions sont passées de +35,2% fin juin dernier à +41,1% aujourd’hui et en Europe, les analystes ont révisé leurs prévisions pour l’année en cours à la hausse en passant de +43,5 % fin juin dernier à +55,7 % aujourd’hui.

Les hausses actuelles (en Europe et aux Etats-Unis) sont typiques d’un environnement de Bull Market (marché structurellement haussier). Le S&P500 affiche ainsi un segment de hausse – sans avoir connu de respiration d’au moins 5% – de +38,7% depuis le 30 octobre dernier quand l’Euro Stoxx affiche de son côté un segment de +41,4%. Si une prise de bénéfices de la part des investisseurs se fait de plus en plus probable tant les actions européennes qu’américaines (nous poussant à rester prudents à court terme pour ces deux marchés), tant que les données macro et micro resteront bonnes et que les tensions sino-américaines ou russo-américaines n’augmenteront pas, les épisodes de correction ne devraient pas dépasser les -7%.

Dans le détail, deux points importants retiennent notre attention : au contraire des idées reçues depuis la fin d’année dernière, les actions de la Tech ne sous-performent pas le reste de la cote ni aux Etats-Unis ni en Europe.  En réalité, les marchés ne sont désormais plus propices aux thématiques de ce type (nous amenant à recommander de ne pas faire de paris trop tranchés d’un point de vue sectoriel ou thématiques entre actions « Growth » et « Value ») mais plutôt à la sélection de valeur (stock-picking).

Concernant les marchés émergents, la hausse des couts de production depuis le début de l’année et la perspective d’un dollar renforcé par une politique monétaire légèrement moins accommodante à moyen terme sont deux facteurs qui pourraient durement impacter les pays émergents les moins favorisés. Si la Chine sort du lot, c’est parce qu’elle parvient de mieux en mieux à se couvrir contre le risque inflationniste et que le degré de maturité de son économie l’apparente désormais plus à un pays riche qu’à un pays émergent. Nous estimons donc qu’il faut rester prudents vis-à-vis des actifs des pays émergents hors Chine et ne pas être surpondéré sur cette thématique.

OBLIGATIONS : neutralité globale

Le soutien toujours massif et renouvelé des Banques Centrales rend une remontée importante et durable des taux souverains peu probable (c’est d’ailleurs ce qu’a également sous-entendu Jerome Powell lors de son discours de Jackson Hole, en annonçant que les taux directeurs ne seraient pas relevés avant un long moment). Pour en savoir plus sur cette thématique, nous vous invitons d’ailleurs à ce sujet à consulter la vidéo que nous avons réalisée en lien avec ce sujet en cliquant sur le lien suivant : Le retour de l’inflation ?

Comme évoqué depuis de nombreux mois, nous estimons que la remontée des taux et des perspectives d’inflation du début d’année ne durera pas, les investisseurs surestimant la capacité de rebond de l’économie réelle, dans un pays dans lequel le potentiel de croissance poursuit sa décroissance et dans lequel les ménages restent fragilisés avec un taux de chômage encore bien plus élevé qu’avant crise.

MATIERES PREMIERES : maintien de la neutralité sur les métaux précieux, et toujours légèrement négatif sur les matières premières

Comme déjà évoqué, nous estimons que les prix du pétrole devraient durablement osciller entre 55 dollars et 75 dollars, or crise géopolitique. Dans ce contexte, l’or noir se situant proche du haut de notre fourchette nous amène à recommander la prudence vis-à-vis du pétrole à court terme, estimant que l’essentiel du potentiel de hausse est consommé à ce stade.

Concernant l’or, comme l’a annoncé Jérôme Powell, les Banques Centrales n’envisagent pas de remontée des taux directeurs pour le moment et cela malgré une inflation qui va rester ponctuellement élevée pendant encore quelques mois. Le contexte de taux réels exceptionnellement négatifs qui en découle devrait permettre au cours de l’or jaune de se maintenir proche des niveaux actuels, voire de légèrement progresser.

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « DYNAMIQUE* » :

*Benchmark : 70% Actions / 30% Obligations

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « MODÉRÉ* » :

*Benchmark : 50% Actions / 50% Obligations

GRILLE D’ALLOCATION RECOMMANDEE – PROFIL « PRUDENT* » :

*Benchmark : 30% Actions / 70% Obligations

 

AVERTISSEMENT

Ce document est exclusivement réservé à la clientèle de RHETORES FINANCE. Il ne constitue en aucun cas un conseil d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Il n’existe pas d’actif garanti.

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