Assurance vie : la fin d’une époque ?

Au mois de septembre dernier, la loi SAPIN 2 semait la panique chez les détenteurs d’assurance vie, se traduisant par une décollecte nette de près de 600 millions d’euros. A l’origine de ces rachats, l’article 21 bis ouvrant la possibilité au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) de bloquer les rachats et arbitrages des assurances vie en cas de « risques représentant une menace grave et caractérisée sur (…) la stabilité du système financier« .

Six mois plus tard, il est temps de faire le point sur l’impact de ce changement de paradigme brutal. Même si la collecte nette est redevenue positive depuis (cf. graphique ci-dessous), la loi Sapin 2 semble avoir jeté un froid sur le placement préféré des français : seuls 2,1 milliards d’euros ont été collectés depuis septembre 2016 contre 13 milliards sur la même période il y a un an soit une baisse de près de -84% !

Il ne faut toutefois pas considérer cette désaffection comme un phénomène passager, mais plutôt comme un changement majeur durable, occasionné par une loi qui remet en cause les fondations mêmes de l’assurance-vie.

En effet, grâce aux fonds en euros, les épargnants pouvaient jusque-là concilier l’inconciliable… à savoir profiter de rendements attractifs, d’une garantie en capital, d’une liquidité complète, et d’un contexte fiscal très favorable autant pour les revenus du capital que pour les successions. Malheureusement, ce rêve est en train de s’estomper… avec la chute inexorable des rendements des fonds en euros et les nouvelles menaces de blocage instaurées par la loi Sapin 2.

La chute régulière des rendements des fonds euros (le taux de revalorisation annuel moyen des fonds euros est passé de plus de 4% en 2008 à moins de 2% en 2016 ; cf. graphique ci-dessous) ne semble pas prête de s’arrêter dans un contexte où les taux d’intérêt allemands et français (respectivement 0,4% et 0,9% sur 10 ans) devraient rester durablement au plancher (pour en savoir plus, lire notre édito sur le sujet)

Pire, si les taux servis par les fonds en euros restent aujourd’hui positifs, c’est seulement parce qu’une grande partie des investissements ont été réalisés dans le passé, à des taux plus attractifs… Dans ces conditions, même la promesse de « garantie du capital » pourrait devenir difficile à tenir pour certains assureurs dans les années qui viennent, ces derniers étant pris en étau entre les taux des obligations faibles, des frais de gestion incompressibles et des contraintes règlementaires de plus en plus fortes.

Preuve que même les autorités sont inquiètes de la situation, le gouverneur de la Banque de France a demandé en 2016 aux assureurs de « faire preuve de modération et de réalisme dans la fixation des taux de rendement de leur contrats en euros« .

Autrement dit, l’âge d’or qui a permis aux fonds en euros d’offrir le triptyque rendement, liquidité et garantie du capital est définitivement révolu.

Il devient donc urgent pour l’épargnant de prendre conscience :

  • que certains assureurs seront dans l’incapacité de tenir leur promesse de garantie du capital,
  • qu’ils devront renoncer au moins à l’un des trois paramètres qu’offrait jusque-là l’assurance-vie (la garantie du capital, le rendement et la liquidité),
  • que les fonds en euros joueront à l’avenir le rôle de coffre-fort et ne rapporteront quasiment rien.

Ainsi, le choix d’un fonds en euros ne devra plus se faire au regard des rendements proposés, mais sur la capacité de l’assureur à honorer ses promesses de garantie du capital sur le long terme.

Dans ce contexte, nous sommes à votre disposition pour vous indiquer, en toute indépendance, les assureurs les plus solides.

Il convient également d’envisager une diversification sur d’autres fonds que ceux en euros, mais également vers d’autres classes d’actifs comme l’immobilier (cf article du 15 mars 2017), le private equity, les matières premières,…

 

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