Les Banques centrales sont de nouveau intervenues afin de rassurer les marchés actions en ce mois de juin. Mario Draghi pour la Banque Centrale Européenne, et Jérôme Powell pour la Réserve Fédérale, ont ainsi déclaré qu’ils étaient prêts à prendre les mesures nécessaires face à un environnement économique incertain. Le signal ne peut être plus limpide : les Banques Centrales sont prêtes à répondre à un éventuel ralentissement de la croissance mondiale en baissant leurs taux directeurs, voire même en ressortant la planche à billet (Quantitative Easing).

Si ces déclarations se veulent rassurantes, elles ne doivent pas masquer la réalité : un ralentissement généralisé de la croissance de l’économie mondiale se confirme et même les Etats-Unis, qui semblaient jusqu’à présent garder le cap, commencent également à marquer le pas. En Europe, l’Allemagne – locomotive historique de la Zone et pays très dépendant de son secteur manufacturier – inquiète tout particulièrement : l’indice des directeurs d’achats PMI du secteur manufacturier s’est ainsi installé en territoire négatif pour le 6ème mois consécutif. Aux Etats-Unis, les indicateurs d’un ralentissement s’allument les uns après les autres à l’instar de l’écart entre les taux souverains à 10 ans et à 2 ans qui est dorénavant en territoire négatif, ou encore de certains chiffres de créations d’emplois moins bons qu’auparavant, notamment pour le TPE/PME.

Ces craintes se sont naturellement traduites par un décrochage impressionnant des taux souverains, en dépit de niveaux déjà bas : le taux à 10 ans allemand a ainsi atteint son plus bas historique (-0,33% après une baisse de 40 points de base depuis avril). Ces niveaux ne nous étonnent guère et ne sont selon nous pas qu’un fait conjoncturel, ces premiers étant la conséquence induite du profil de croissance potentielle des pays riches qui tend structurellement à diminuer avec le temps en lien direct avec le vieillissement des populations.

Les banquiers centraux ont donc été dans l’obligation de s’exprimer afin de rassurer les marchés actions. Mais si le discours de la BCE et de la FED ont été identiques dans leurs grandes lignes, la crédibilité des Banques Centrales n’est pas la même de part et d’autre de l’Atlantique : là où la Fed possède un bilan de l’ordre de seulement 20% du PIB américain, la BCE affiche un bilan de l’ordre de … 45% du PIB de la Zone euro, ce qui n’offrira à l’évidence pas les mêmes marges de manœuvre à terme si l’horizon venait à s’obscurcir.