Chine : les autorités aux mannettes

Le premier trimestre a été très bon pour la seconde économie mondiale, qui fait plus que jamais figure de locomotive du monde émergent. La richesse créée a une nouvelle fois répondu aux attentes, avec +6,8% soit un niveau bien supérieur aux +6,5% prévus sur par les autorités… de quoi gérer la suite des évènements avec quelques marges de manœuvre !

L’investissement dans la construction a progressé au rythme le plus élevé depuis 3 ans (+10,4% entre janvier et mars par rapport à la même période l’année dernière), signe que l’optimisme reste bien présent dans l’Empire du milieu. Et cela ne devrait pas s’arrêter de sitôt, les promoteurs s’organisant pour répondre à la requête récente du président Xi Jinping de construire plus de logements à louer pour répondre à la perte de pouvoirs d’achat des chinois liée à la hausse des prix depuis de longues années. Sur ce plan, les avertissements des autorités tardent à faire leurs effets : l’appréciation des prix de l’immobilier s’est poursuivie, même si on observe des dynamiques assez hétérogènes en fonction des villes. Si les plus grandes métropoles sont pénalisées par les velléités de durcir les règles par le régulateur, les prix dans les métropoles de moindre ampleur continuent d’accélérer : sur les 70 plus grandes villes, 55 voyaient leur prix progresser contre 44 le mois précédent.

Au final, les indices conjoncturels PMI restent favorablement orientés (51,4 en avril pour le manufacturier ; 54,1 pour le non manufacturier), signes d’une économie pour le moment sur les rails.

Mais tout n’est pas rose pour autant, les facteurs de risque restant présents.

D’une part, l’endettement financier continue d’inquiéter. La perspective d’un assouplissement des conditions de prêts pour les établissements financiers illustre d’ailleurs la prise de conscience par les autorités de la fragilité du secteur et des entreprises qu’il soutient.

D’autre part, les tensions commerciales devront être surveillées avec la plus grande attention. Car si le pays est moins dépendant qu’en 2008-2009, les exportations restent un moteur essentiel à la croissance chinoise, comme l’illustre le remarquable comportement des exportations au premier trimestre (+14,1%). Attention toutefois, car les dernières semaines ont fait état d’une dégradation relativement rapide des débouchés externes, tant en raison des contraintes imposées par les Etats-Unis que de l’appréciation du Yuan depuis un an.