Marchés actions : l’accalmie peut-elle être durable ?

 

Les points de tensions qui crispaient les marchés actions depuis plusieurs mois commencent à se dissiper. Sur le front de la guerre commerciale sino-américaine, un premier accord a enfin été acté entre les deux camps, permettant ainsi d’annuler la hausse de 5% des taxes douanières prévues sur de nombreux biens en provenance de Chine et ainsi de ne pas aggraver le marasme actuel des échanges commerciaux mondiaux. Sur le Vieux Continent, le cas d’un Brexit sans accord (hard-Brexit) semble derrière nous suite au vote du parlement britannique approuvant l’accord signé entre Boris Jonhson et l’Union Européenne – sous réserve tout de même d’un délai supplémentaire afin d’approfondir le texte et de le traduire concrètement en droit britannique afin que ce dernier soit réellement applicable.

Si cela est positif pour les marchés actions à court terme, il faut rester conscient que ces dossiers pourraient ressurgir brutalement dans un avenir plus ou moins proche. Prenons le cas du Brexit : même si l’accord est ratifié d’ici peu, cela débouchera sur une longue période de négociations entre le Royaume-Uni et l’UE afin de notamment définir un accord bilatéral concernant les échanges douaniers, ce qui pourrait créer quelques remous sur les marchés. Sans parler de la guerre commerciale menée par Donald Trump : les élections présidentielles américaines se déroulant l’année prochaine, la validation récente d’un accord commercial favorable aux Etats-Unis (la fameuse « phase 1 ») a permis à Donald Trump de démontrer à l’opinion publique sa capacité à mettre en œuvre son nouveau slogan « America First ». Il ne faut toutefois pas être dupe : la légitimité du pouvoir en place reposant quasi exclusivement sur une stratégie de désignation de boucs émissaires extérieurs, nous estimons que la Maison Blanche d’une part n’a probablement aucune volonté de valider un véritable accord avec l’Empire du Milieu au moment où l’économie chinoise se dégrade bien plus vite que celle des Etats-Unis ; d’autre part n’hésitera pas à se tourner vers l’Europe qui pourrait jouer le rôle de victime expiatoire du président américain.

Au final, si l’apaisement actuel couplé à l’hyperactivisme des Banques Centrales pourraient porter les marchés financiers à court terme, les risques sont loin d’avoir disparus et doivent nous pousser à rester extrêmement vigilants à moyen terme.