2017 : pour le moment, tout le monde retient son souffle    

En ce mois de janvier propice aux vœux, les investisseurs espèrent une année 2017 avec plus de croissance, plus d’inflation et un comportement des marchés financiers plus conforme aux habitudes historiques, notamment en ce qui concerne les taux d’intérêts. Ces vœux sont-ils réalistes ? Nous verrons, au regard des inconnues qui restent de taille : une administration Trump prête à briser les us et coutumes diplomatiques et à actionner un plan de relance budgétaire XXL sans en avoir les moyens, une Europe qui va mieux conjoncturellement mais toujours bancale politiquement avec des échéances électorales de taille à venir et, enfin, une Chine ne sachant pas comment arrêter une distribution de crédit aussi frénétique que le sont ses fuites de capitaux… En d’autres termes, la vigilance restera de mise en 2017, les risques ayant hanté les investisseurs en 2016 n’ayant malheureusement pas disparu avec la nouvelle année…

Zone euro : 2017 sur la timide lancée de 2016

La croissance en zone euro au quatrième trimestre 2016 devrait se maintenir autour du niveau des trimestres précédents (+1,6% en rythme annuel), portée par la consommation suite à un regain de confiance des ménages enregistré en fin d’année (cf. graphique du haut). Les ventes au détail, déjà bien orientées en octobre et novembre (respectivement +2,8% et + 2,2%) devraient ainsi continuer sur leur lancée.

La vraie bonne nouvelle du mois de décembre, c’est que les taux d’intérêt ont cessé d’augmenter, comme nous l’anticipions dans notre Allocation Mensuelle du mois de décembre. Et ils ne devraient a priori pas aller plus haut. En effet, à la différence des Etats-Unis, rien ne nous laisse penser que l’inflation reparte vraiment à la hausse en zone euro : si l’inflation totale a repris des couleurs (+1,1%, cf. graphique du centre), c’est uniquement grâce au rebond du prix des matières premières depuis un an. Dans le même temps, l’inflation sous-jacente (c’est-à-dire hors énergie et alimentation, qui reflète mieux la tendance de fond de l’évolution des prix), reste ainsi désespérément stable autour de +0,9%… comme c’est le cas depuis 4 ans.

Tant que cela restera vrai, nous serons protégés d’une remontée plus importante des taux d’intérêt… et c’est tant mieux. Car cela serait susceptible d’étouffer dans l’œuf le peu de croissance européenne, en faisant retomber la distribution de crédits aux ménages et aux entreprises en territoire négatif, dans un contexte d’incertitudes politiques tenaces.

Dans ces conditions, l’économie du Vieux continent devrait continuer à avancer en 2017… à un rythme lent (+1,5% de croissance attendue).

POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE TELECHARGER NOS PERSPECTIVES DU PREMIER TRIMESTRE 2017